Durement impactés, les indépendants crient à l’aide

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Ces derniers jours, près de 20.000 indépendants se sont rassemblés sur un groupe Facebook et déplorent des aides insuffisantes pour les soutenir. De son côté, l’Union des classes moyennes (UCM) mène bataille sur plusieurs fronts, notamment pour éviter un nombre important de faillites.

Depuis mi-mars, ils sont frappés de plein fouet par les mesures de confinement. Selon un sondage de l’UCM, seul un indépendant sur dix réussit à garder une activité normale et un tiers ne pourraient pas reprendre une activité normale, risquant parfois la faillite. Et ça, ce sont les chiffres basés sur une fin de confinement le 19 avril. Cela laisse imaginer l’ampleur du désastre avec un allongement des mesures à mai. L’Écho révèle également qu’un indépendant sur trois ne bénéficie pas de l’aide régionale créée à l’occasion de la crise sanitaire (5.000€ par mois en Wallonie, 4.000€ à Bruxelles). La situation est donc très critique.

Depuis le 9 avril, près de 20.000 indépendants ont donc rejoint un groupe créé par Vincent Maillen, un indépendant qui est aussi conseiller CdH à Namur, pour appeler à un soutien plus grand de l’État.

L’indemnité régionale au centre de l’attention

Le nerf de la guerre, c’est clairement l’aide régionale abordée ci-dessus. Dévolue uniquement aux personnes forcées de voir leurs activités complètement arrêtées pendant au moins sept jours, nombreux sont ceux qui n’y ont pas droit. Cela n’est pas sans créer des frustrations mais la détresse du secteur pourrait faire bouger les lignes. C’est déjà acté à Bruxelles où l’aide est élargie aux secteurs sportifs, des loisirs et de la culture, voire des taxis depuis aujourd’hui. En Wallonie, seuls les snacks et les friteries bénéficient d’une extension mais le ministre de l’Économie Willy Borsus devrait allonger cette liste ce jeudi. La question est : jusqu’où ? Cette incertitude pèse beaucoup sur le moral des indépendants.

Vincent Maillen dénonce aussi le fait que 5.000€ soient donnés, que l’on gère un ou dix établissements. « C’est un choix fait par la région d’accorder une aide forfaitaire parce que le but est de permettre aux gens qui n’ont pas de réserves de passer le cap. En règle générale, on peut penser qu’une personne qui possède une dizaine d’établissements a davantage de réserves. Évidemment, ce serait bien si ce gérant bénéficie de l’aide pour tous ses comptoirs mais est-ce indispensable en sachant que l’argent de la région wallonne est limité et précieux ? », interroge Thierry Evens, porte-parole de l’UCM.

Autres oubliés de l’indemnité régionale : les personnes faisant un travail similaire aux indépendants mais avec un autre statut, comme ceux inscrits à la Smart. « On demande une prise en compte de tous les travailleurs, qu’importent leurs situations. Les profils particuliers passent complètement entre les mailles du filet », note la porte-parole de la Smart, Virginie Moyersoen, mais pour l’instant rien ne se profile.

D’autres aides à l’horizon ?

Outre cette aide régionale, d’autres points de tension existent. Thierry Evens note ainsi que l’UCM va « demander de prolonger le droit passerelle au mois de mai », c’est-à-dire la nouvelle aide qui fait office d’assurance chômage temporaire. Mais, là aussi, les limites des budgets régionaux incitent à ne pas demander de l’étendre, bien que de nombreux indépendants ne peuvent pas en bénéficier.

Parmi les autres pistes, on trouve les aides communales, mais elles dépendent fortement de la situation locale. « On leur a demandé de faire un effort. Cependant, si les grandes communes sont en capacité de le faire, c’est plus compliqué pour les entités périphériques et rurales en difficulté financière », constate Thierry Evens.

Ce dernier fonde maintenant ses espoirs sur les discussions en cours de l’UCM, que ce soit sur le gel des faillites ou sur un report de la TVA. « L’UCM, avec le Syndicat national des propriétaires, a émis deux propositions. On encourage d’une part la discussion entre les indépendants locataires d’une surface, notamment en centre-ville, et les propriétaires. De l’autre, on propose la suspension du précompte immobilier ainsi que du loyer. En parallèle, une intervention de la société publique de financement payerait au propriétaire la moitié du loyer. Ensuite, le locataire aurait deux ans pour rembourser cette aide », explique Thierry Evens. Il espère enfin que les banques et assurances aideront bel et bien les indépendants. « Elles ont mis sur la table un report de payements et des octrois de crédit mais on constate encore que sur le terrain, le mot d’ordre n’est pas encore partout appliqué », se désole-t-il.

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