L’idée d’une prime Covid-19 pour les soignants refait surface

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Il avait été question début avril d’octroyer une prime de soutien de 1.450 euros au personnel soignant, qui a tous les jours fort à faire face au Covid-19. Un temps jugée discriminante, la proposition pourrait prochainement revenir sur la table des partenaires sociaux.

Une prime de 1.450 euros défiscalisée pour le personnel médical et les pharmaciens d’hôpitaux… Début avril, le quotidien De Tijd l’annonçait : le gouvernement fédéral pensait à octroyer une aide financière pour tous les prestataires de soins à l’hôpital. Une sorte de « bonus corona », pour soutenir ceux qui luttent sans compter contre l’épidémie. L’idée émanait, selon le quotidien flamand, de la ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open-VLD). Très vite, le vice-Premier et ministre fédéral des Finances Alexander De Croo (lui aussi Open-VLD) avait dû recadrer, en expliquant qu’aucune décision n’avait encore été prise du côté du gouvernement. Mais L’Echo croit savoir ce mercredi que la proposition, un peu modifiée, serait de retour sur la table. Selon le quotidien, la coalition fédérale serait désormais tentée de laisser les partenaires sociaux (représentants syndicaux et patronaux) décider qui jouirait de la prime, et quel serait son montant.

Il faut dire que dès qu’elle a été évoquée, cette idée de prime a soulevé son lot de critiques. « L’annonce a crée des tensions dans les hôpitaux dont on se serait bien passé en cette période », a expliqué Christophe Happe, directeur de la fédération Unessa, qui regroupe 300 structures des soins de santé et de l’aide aux personnes. Promettre une prime pour le personnel médical et les pharmaciens d’hôpitaux, c’était en effet oublier les milliers d’autres brancardiers, ambulanciers ou membres du personnel d’entretien, qui eux-aussi participent à combattre l’épidémie. Avec le risque de diviser des équipes pluridisciplinaires qui affrontent d’un bloc uni le coronavirus. La Fédération de nationale des Infirmières de Belgique (FNIB) a adressé début avril une lettre ouverte au gouvernement fédéral, demandant qu’au-delà d’une prime, qui serait un « début », un véritable soutien soit accordé aux infirmières : la reconnaissance de la pénibilité et de la dangerosité de leur profession.

Des syndicats circonspects

Les syndicats portent un œil pour le moins circonspect sur cette idée de prime Covid-19. Leur crainte ? Voir la Sécurité Sociale se vider de ses sources de financement, en exemptant de cotisations sociales et fiscales les structures de soins, pour inciter ces dernières à verser la prime en question au personnel soignant. Cela reviendrait à « scier la branche sur laquelle on est assis, explique Myriam Delmée, dans L’Echo. On semble vouloir donner beaucoup avec le budget santé, mais il va bien falloir boucher les trous à un moment donné. Qui va payer la facture? Les travailleurs, les patients ? » Et la présidente du Setca de demander une discussion sur la revalorisation des salaires pour l’ensemble des secteurs des soins de santé.

À voir donc dans les prochaines semaines si les partenaires sociaux s’empareront du dossier, et quelle sera leur marge de manœuvre budgétaire. Les chiffres évoqués au début du mois étaient de l’ordre d’une quinzaine de millions d’euros, à répartir entre 10.000 soignants. On parle désormais d’une enveloppe de plus de 150 millions d’euros.

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