Les examens annulés, comment les écoles vont-elles évaluer les élèves?

Teaser

Un prolongement du confinement signe l’arrêt de mort des examens dans les écoles cette année. Avant même la décision de reporter le déconfinement au 3 mai, les enseignants ont donc déjà réfléchi aux conséquences. Plusieurs pistes sont sur la table pour préparer la réouverture des établissements scolaires.

Pour les examens, c’est cuit ! Déjà vendredi dernier, la ministre de l’Enseignement Caroline Désir déclarait : « si le confinement est prolongé, nous devons réorganiser complètement le calendrier scolaire avec une annulation de toutes les épreuves certificatives, CEB, CE1D, CESS, et dans ce cas-là, nous demanderons aux écoles de ne pas organiser de session d’examen ». Ce prolongement étant désormais acté, la question se pose de savoir ce que les enseignants vont faire en conséquence.

Des premiers éléments de réflexion

La prudence étant mère de sûreté, les professeurs n'ont pas attendu pas que les examens soient officiellement enterrés pour prévoir la suite. Une chose semble plus ou moins certaine, et pas des moindres : la façon dont seront testés les élèves. « Il y aura une évaluation du travail qui a déjà été accompli par rapport aux bulletins et aux évaluations précédentes. Si on reprend les cours et que l’on gagne trois ou quatre semaines, on pourrait imaginer des contrôles de fin d’année qui, je précise, ne seraient pas des examens. Cela permettrait de diminuer un peu la perte par rapport à la période de confinement », juge Joseph Thonon, président communautaire de la CGSP-Enseignement.

L’impact de cette perte devra d’ailleurs être traitée de façon différente entre les différentes années scolaires. « Si un élève de troisième primaire perd deux mois d’apprentissage, il a encore trois années pour rattraper et cela ne va pas poser de problème. Par contre, la situation est plus difficile pour un élève de rhéto qui est sur le point d’entrer dans le supérieur. C’est pour cela que je dis qu’on pourrait mettre la priorité sur les élèves qui terminent un cycle, notamment avec les élèves de fin de primaire et de fin de secondaire. Pour les autres années, on aurait alors une rentrée progressive ou décalée. Tous les scénarios sont sur la table », précise Joseph Thonon.

Nécessité sanitaire versus nécessité sociale

Les incertitudes sont cependant encore nombreuses autour de la réouverture des écoles, au-delà de la simple date du retour en classe. Comment organiser le travail des élèves tout en assurant la sécurité sanitaire ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres. « Il va falloir se montrer inventif », reconnaît Joseph Thonon qui s’inquiète notamment du respect de la distance sociale. « Chaque niveau d’enseignement devra trouver des solutions différentes. Par exemple, pour garder une distanciation sociale en maternelle, ça va être compliqué, contrairement au secondaire où cela est faisable ».

D’autres hypothèses sont également discutées. La CGSP pense par exemple à une possible division des classes en deux. Une tournante s’installerait alors entre ces moitiés pour aller à l’école une semaine sur deux. Revers de la médaille : le temps d’enseignement, déjà réduit, le serait encore plus de cette façon.

Tout dépendra aussi des moyens dont disposeront les écoles pour lutter contre le Covid-19. « On demande à ce tout soit mis en place pour que la distanciation sociale puisse être respectée, un apport suffisant en gels hydroalcooliques et des masques pour le personnel, voire pour les élèves. Ensuite, nous aurions besoin de tests, au moins pour les enseignants, mais vu les difficultés d’approvisionnement dans les maisons de repos, j’ai peu d’espoirs que nous ayons gain de cause. Si ces conditions sont remplies, on pourra dire que l’on sera en sécurité », estime Joseph Thonon.

Mais ne serait-il pas plus simple de tout simplement abandonner l’idée d’un retour en classe ? « À ce moment-là, on augmenterait la fracture sociale qui est déjà en train de se creuser entre les élèves favorisés et défavorisés. Une rentrée dès avant l’été serait nécessaire pour éviter une catastrophe de ce point de vue-là », conclut-il tout en reconnaissant les difficultés sanitaires que cela implique.

Plus de Actu

Les plus lus