La Croix Gammée: plus qu’un symbole

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Elle a accompagné le nazisme, la guerre et les camps durant 25 ans. Elle a été adoptée ensuite par tous les ultras qu’ils soient d’extrême droite ou marginaux. Pourtant la « Croix Gammée » est aussi symbole de « chance » et de « prospérité ». Explication.

En 1997, à Londres, Andy, le patron d’une agence de publicité racontait une anecdote intéressante. Interpellante, même. L’année précédente une enquête avait eu lieu au sein de la profession. On avait demandé aux directrices et directeurs artistiques et aux copyrighters quel était, pour eux, le logo le plus performant jamais inventé. Le publicitaire, à la manière d’un conspirateur, s’était penché et avait confié dans un souffle « On a maquillé le résultat ». Le logo le plus performant pour les professionnels britanniques de la communication visuelle était, selon l’enquête, la Croix Gammée. Et de loin. « Un véritable plébiscite ». Mais impossible de célébrer un symbole attaché à la Shoah et à la mort de plus de 70 millions de personnes. A la folie du meurtre comme industrie. C’est donc le 2ème logo qui fût officiellement célébré. Le bonhomme Michelin. Un tout autre univers…

En réalité, la Croix Gammée porte en elle d’autres mondes que celui du régime hitlérien. Pour découvrir les autres significations de cet emblème souillé, il faut l’analyser. L’origine de la Croix Gammée telle qu’utilisée par les nazis remonte à un homme. Un moine défroqué autrichien : Jörg Lanz. Cet homme, s’invente des origines aristocratiques et construit de tout pièce une société initiatique : L’Ordre des Nouveaux Templiers. Cet ordre – antisémite et antiféministe - célèbre la supériorité de la « race » de femmes et d’hommes dotés de cheveux blonds et d’yeux bleus ; une théorie en vogue à la fin du 19ème siècle. Cette « théorie » catégorise ce peuple comme étant des « Aryens » originaires, selon les versions, de Scandinavie ou des contreforts himalayens. C’est cette dernière version qui va inspirer Jörg Lanz pour composer la drapeau de « l’Ordre des Nouveaux Templiers » : il adopte une swastika, un symbole divin utilisé, notamment en Inde. Ce symbole divin est donc, ici, utilisé pour signifier la supériorité de la « race aryenne ». Jörg Lanz créé une revue, « Ostara » qui diffusera, de 1905 à 1913, les idées de l’Ordre des Nouveaux Templiers et son emblème, la swastika. Parmi les lecteurs la revue « Ostara » : Adolf Hitler. Celui-ci utilisera cette « swastika raciale » et incorporera les couleurs de l’Empire allemand, la forme de gouvernement précédent la « République de Weimar » haïe. Le blanc, le rouge, le noir. Après plusieurs essais, le drapeau nazi trouve sa version définitive : une swastika sur la pointe dans un cercle blanc sur fond rouge.

Cette utilisation de la swastika a occulté presque complètement ses origines. En sanskrit, le mot est dérivé de « swasti » qui est lui même composé « Su » (chance, bonne fortune) et de « Asti » (il y a). La Swastika est ainsi, en Asie et depuis des millénaires un signe de chance, un « trèfle à quatre feuilles ». Elle peut prendre différente signification : cycle de vie, astre tournoyant, éternité… En fait, elle est apparue dans différentes cultures il y a des millénaires et est un des plus aniciens symboles de l’humanité. La plus ancienne swastika connue a été, ainsi, gravée sur une défense de mammouth trouvée en Ukraine. Et, elle date de 10 000 ans avant notre ère…

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