Les gestes simples pour lutter contre l’obsolescence programmée

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Objets trop vites cassés, périmés, irréparables… L’obsolescence programmée fait des ravages. Mais il existe des moyens de le signaler, ou de l’éviter.

« Votre machine à laver, achetée il y a seulement 6 ans, présente un défaut et la pièce nécessaire pour la réparer est trop chère. Après un an, le système d’exploitation de votre smartphone n’est plus mis à jour. La télécommande de votre téléviseur ne fonctionne plus et il est impossible de la réparer… Cela vous est-il déjà arrivé ? » C’est la question que pose Test-Achats aux consommateurs. Et la réponse est oui, plus de 10 000 fois oui. Via sa plateforme « Trop vite usé », Test-Achats a déjà reçu plus de 10 000 signalements venant de belges déroutés par la trop courte durée de vie de leur appareil électronique ou électro-ménager. 68% des appareils signalés ont moins de trois ans. Dans 82% des cas, il est impossible de les réparer. Quand un produit voit sa durée de vie délibérément réduite par son concepteur pour forcer à l’achat d’un nouveau, cela s’appelle l’obsolescence programmée, et c’est malheureusement devenu une pratique de plus en plus courante.

En l’absence de lois pour lutter contre l’obsolescence programmée, et parce qu’elles sont complexes et difficiles à mettre en place, Test-Achats propose aux citoyens de signaler l’appareil défectueux. « Nous sommes conscients que ces signalements ne sont que la partie visible de l’iceberg. Mais grâce à eux, nous collectons davantage d’informations sur le vieillissement prématuré des appareils. » Cela leur permet notamment d’identifier et inventorier le phénomène, d’effectuer des tests de durabilité, de faire pression sur le gouvernement, de mener des négociations avec les fabricants, d’avertir les consommateurs… Depuis la mi-mars, l’Union Européenne a annoncé être entrée dans la danse. Grâce à son « plan pour l’économie circulaire », elle entend également lutter contre l’obsolescence programmée. Sauf qu’il faudra encore quelques années avant que le plan ne soit traduit en lois. D’ici-là, de nombreux appareils tomberont encore mystérieusement en panne après seulement quelques temps d’utilisation.

Ce que l’on peut faire

La ‘bonne’nouvelle, c’est que chacun à notre niveau, nous pouvons lutter, avec des gestes simples, contre l’obsolescence programmée. Ça commence d’abord avec le fait de ne pas se laisser tenter chaque année par le nouveau Smartphone à la technologie dernier cri, alors que le nôtre fonctionne encore très bien. « On doit garder nos appareils le plus longtemps possible. Tablettes, Smartphones, ordinateurs… cela fait partie des objets que l’on remplace trop facilement, alors qu’ils fonctionnent encore. Il faudrait privilégier la réparation ou l’amélioration de performance en changeant de disque dur ou en ajoutant de la mémoire par exemple », propose Jonas Moerman, conseiller en énergie auprès d’écoconso. Acheter d’occasion ou reconditionné, n’est pas non plus une mauvaise idée. Aujourd’hui, on estime que seulement 15% des téléphones sont recyclés et 10% reconditionnés. « Pour les téléphones, le « Fairphone » est aussi plus durable et éthique que les autres avec une chaine d’approvisionnement mieux maitrisée. »

La deuxième bonne idée, c’est de bien s’informer. Sur ifixit.com, on trouve par exemple des indices de réparabilité pour des Smartphones, tablettes et ordinateurs portables, mais aussi des tutoriels détaillés pour réparer vous-mêmes vos appareils défectueux. Quant aux mises à jour, mieux vaux les faire également en connaissance de cause. « Il y a des mises à jour nécessaires pour faire fonctionner correctement le système d’exploitation. D’autres sont facultatives et ralentiront probablement l’appareil. » Enfin, pour nos électro-ménagers, il reste encore ces bons vieux repair-cafés, dans lesquels des petits génies de l’électronique, de l’électricité ou de la mécanique réparent nos biens pour trois fois rien. C’est simple, convivial, gratuit ou peu onéreux, et ça sauve nos objets d’un aller simple vers la poubelle pas toujours mérité. Longue vie à eux.

Pour en savoir plus, lisez notre article "Longue vie à nos objets". Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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