Ema, drame chilien électrique, sort directement en Premium VOD

Teaser

Présenté à la dernière Mostra de Venise et visible à partir du 14 avril sur plusieurs plateformes belges, le 8ème film de Pablo Larrain sortira directement en VOD et inaugure ainsi une nouvelle manière de voir les films.

Malgré la tristesse de ne plus les découvrir en salles, la VOD est l’occasion de ne pas rester coupé des sorties, et de continuer à vivre une cinéphilie certes confinée mais non moins intense. Fer de lance du nouveau cinéma chilien, Larrain, 43 ans, s’est taillé une place flamboyante dans le cinéma mondial, abordant des faits ou figures nationales (le génial Tony Manero en 2008 sur un fan de John Travolta dans le Chili de Pinochet ; Santiago 73, post mortem au moment du coup d’Etat ou Neruda, portrait éclaté du poète Pablo Neruda poursuivi pour son engagement communiste par un policier retors interprété par le Mexicain Gael Garcia Bernal) ou internationale (en 2016 Jackie, son portrait impressionniste de Jackie Kennedy vaut à Natalie Portman une nomination à l’Oscar) – avec à chaque fois une attention particulière pour les corps. Qu’ils soient corsetés, libérés ou carrément déchaînés, les corps chez Pablo Larrain sont toujours le vecteur des émotions profondes mais aussi des expressions sociales ou politiques de ses personnages.

Né au départ de l’idée de parler d’une adoption qui aurait échoué, le film suit, dans la ville portuaire de Valpareiso (qui fut celle de Pablo Neruda) l’histoire d’Ema et Gaston, couple séduisant (elle est danseuse, il est chorégraphe) qui doit se séparer de l’enfant qu’ils ont adopté pour des raisons jamais totalement explicites (on comprend que la mère lui a appris à allumer des incendies à travers une série de catastrophes). Ema poursuit alors une trame aléatoire et se déploie en méandres dansés, à la recherche de la pulsation de vie qui anime Ema (interprétée par l’électrique Mariana Di Girolamo, peroxydée comme lady Gaga et surtout connue au Chili pour les Telenovelas) et dont elle est le vecteur absolu, l’impératif vital face à son compagnon sidéré (Gael Garcia Bernal, séduisant mais en retrait).

Avec ses amies danseuses de reggaeton (une danse populaire venue des Caraïbes), Ema veut « tout détruire et danser sur autre chose », quitte à allumer des feux au lance-flamme la nuit et vivre plusieurs amours physiques, avec des hommes ou des femmes, variations amoureuses dont les implications auront des conséquences narratives ironiques sur la question de l’adoption du jeune garçon. Lyrique, électrique, Pablo Larrain réussit à dessiner le portrait d’une femme hors-norme reflétant le portrait d’une ville aimée, inventant un monde où la « morale » (qu’elle soit familiale ou sociale) ne prend jamais le pas sur l’érotisme profondément incarné d’Ema. A travers le souffle des chorégraphies mêlés à celui des multiples orgasmes (lesbiens et hétéro, montés presque à la chaîne), Ema trouve son point d’équilibre, inattendu, fragile, borderline. Pour un confinement il n’en fallait pas moins.

Ema sera visible à partir du 14 avril sur les plateformes Proximus Picks, Univers Ciné, Voo, Lumière – Ciné chez vous.

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