Un « palier » plutôt qu’un « pic » pour la courbe épidémique belge

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Aujourd’hui, nous n’attendons plus le pic de la courbe épidémique. Mais nous avons atteint un palier et c’est ce qu’il fallait pour éviter la saturation de nos hôpitaux.

Au début de cette crise sanitaire, on entendait beaucoup parler d’un fameux « pic » de la courbe épidémique pour notre pays, comme pour les autres. Dans un scénario théorique, il s’agirait du fameux jour où le nombre de contaminés aurait atteint son maximum avant de de baisser.

Mais depuis quelques jours, en Belgique, on nous parle de palier : le nombre de personnes hospitalisées à cause du Covid-19 se stabilise mais ne descend pas encore.

« On a voulu que cette courbe soit la plus plate possible, afin de ne pas atteindre la capacité maximale de nos hôpitaux », précise l’épidémiologue Yves Coppieters. « Donc la courbe ne ressemble pas à un pic, mais plutôt à une colline. Selon les modèles épidémiologiques, si le confinement continue, que le risque de contamination n’augmente pas, les projections montrent que nous devrions être dans une phase de descente début mai.»

En effet, l’aplatissement de cette courbe est proportionnel aux mesures sanitaires mises en place. Mais sont-elles assez strictes ? « Cela dépend », répond le professeur de l’ULB. « Parce qu’on craint un rebond, un second pic. On voit que les gens se relâchent. La mobilité entre les communes a encore augmenté, les gens bougent plus. Pour l’instant, la courbe est assez plate, mais il ne faut pas qu’il y ait un petit relâchement. Si c’était le cas, on pourrait arriver à une saturation dans les hôpitaux. »

Le confinement est donc, plus que jamais, à respecter strictement. « Tant que cette courbe ne descendra pas, on ne pourra pas faire ouf. Et cette descente prendra du temps. »

Le pic des décès n’est toujours pas là

Par contre, le nombre de décès par jour continue d’augmenter, et cela ne devrait pas être le cas. « La courbe de mortalité de la Belgique devrait être beaucoup plus proche de la courbe épidémique. Normalement, et on l’a vu dans d’autres pays, le pic de mortalité devrait arriver 10 à 12 jours après le pic épidémique. En Belgique, nous ne l’avons toujours pas atteint. Le nombre de décès est encore trop élevé. »

Mais qu’est-ce que expliquerait cette différence entre notre pays et les autres ? La réponse n’est pas surprenante. « A nouveau, c’est probablement à cause de la non-gestion du problème des maisons de repos. La situation y est explosive alors qu’à l’échelle de la population, la crise est plutôt bien gérée. »

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