L'Orchestre national de Belgique joue sa "symphonie de l'espoir" à domicile

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Comme d’autres musiciens avant lui, l’Orchestre national de Belgique a donné un concert par écrans interposés. Sauf qu’ici, les musiciens sont une trentaine et joue du Beethoven, avec en prime, un message de soutien aux soignants.

Les temps sont durs, pour les musiciens. Assignés à résidence alors qu’ils ne vivent que pour la scène et sentant venir une crise économique qui frappera d’autant plus violemment le secteur culturel, les raisons sont nombreuses de se laisser aller à la mélancolie en cette période de confinement. Sauf que, contre toute attente, les artistes résistent. Plus de concerts en public ? Qu’à cela ne tienne, une performance au balcon ou un live Facebook feront l’affaire. Ces dernières prestations numériques sont particulièrement populaires, donnant à voir des troubadours plus ou moins talentueux en action.

Depuis fin mars, une nouvelle plateforme belge baptisée Music is Alive répertorie ces concerts d’appartement d’un genre nouveau. « Il n’y a pas de lockdown pour la musique. La musique n’a pas de barrières, pas de frontières. Mais avec tous ces concerts annulés et ces sorties d’albums postposées, il nous faut nous réinventer. Réinventer l’industrie musicale », prône le concept qui compile déjà près de 350 sessions musicales à domicile, de James Blake à Benjamin Biolay.

Reste que se réinventer est un défi d’autant plus grand pour certains genres musicaux. Si les DJ ont l’habitude de performer à la fois pour un public et pour une webcam — les retransmissions « Boiler Room » ont fêté leurs dix ans d'existence en mars —, l’exercice est plus compliqué pour un groupe de rock, par exemple. Mais l’ampleur de la tâche ne semble pas avoir effrayé l’Orchestre national de Belgique, qui s’est fendu il y a peu d’une interprétation virtuelle de l’ouverture d’Egmont, de Beethoven. 

Chacun derrière son écran, une trentaine de membres de l’orchestre ont joué ce qu’ils ont baptisé leur « symphonie de l’espoir », sous la baguette du directeur musical Hugh Wolff. « Notre vision de l'avenir est positive. Après tout, cette période nous fait aussi prendre conscience de ce qui compte vraiment », explique celui pour qui la musique fait partie des fondamentaux d’une société en bonne santé. Mais alors que la troupe termine son impressionnante performance, et au moment où les applaudissements sont sensés retentir, les musiciens ont tenu à faire passer un message. « Aujourd’hui, c’est à notre tour d’applaudir les soignants », peut-on lire à l’écran. L’instrument parfois en équilibre entre leurs bras, les artistes classique ont alors joint le geste à la parole.

« J'espère qu'une fois que tout cela sera terminé, nous nous rapprocherons les uns des autres avec un sentiment de fragilité plus profond, et que nous apprécierons plus que jamais le fait d'être ensemble, de travailler main dans la main, et de s'engager en faveur d'un bien commun », fait encore savoir le chef d’orchestre. Loin des oreilles, près du cœur.

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