Faire le bon choix d’étude depuis son salon

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La période est propice pour les futurs étudiants du supérieur qui doivent trouver leur voie. Sauf qu’en cette période de confinement, il a fallu adapter les moyens traditionnels.

« Je suis en rhéto et je veux faire du droit l'année prochaine à Bruxelles. J'hésite encore entre St Louis et l'ULB. Du coup je voulais avoir des avis des deux côtés, que ce soit au niveau de la qualité des cours ou même l'ambiance », des messages comme celui-ci, on les compte par dizaines sur le groupe Facebook sobrement intitulé « choix d’études » qui réunit à la fois étudiants, anciens étudiants et élèves en dernière année de secondaire. Ils sont donc nombreux à se pencher sur leur avenir et à se demander dans quelle filière ils commenceront leurs études, dans quelques mois déjà. « C’est vraiment maintenant la grosse période de choix, confirme Olivier Marchal, directeur de la Cité des métiers de Charleroi. C’est le moment où les étudiants vont voir leurs centres PMS pour des conseils d’orientation, où des événements sont organisés conjointement par les écoles et les universités… On sent donc le besoin latent réel ».

Sauf que, coronavirus et confinement oblige, les derniers salons des études et professions ont été annulés, les centres d’orientation et de conseils ont fermés leurs portes, tout comme les auditoires des universités dans lesquels il n’est désormais plus possible de pointer le bout de son nez pour aller voir comment les cours se déroulent. Face à cette nouvelle réalité, combinée à une période stressante où les jeunes s’interrogent peut-être davantage sur leur avenir, la résistance s’organise. Sur les réseaux sociaux, voilà plusieurs semaines que circulent des messages tels que « faire le bon choix d'étude est très important et prendre cette décision est difficile en ce moment à cause du COVID19. Comme beaucoup d'autres étudiants, je vous aide volontiers pour toute question concernant les études de… ». Des posts que Juliette Demuysère, étudiante en bandagiste-orthésiste-prothésiste a vu passer, et a voulu centraliser. « Je trouvais que c’était une chouette initiative mais je me disais que ça n’atteignait pas un énorme public. Comme j’ai dans mes contacts pas mal d’étudiants et de rhétos, je me suis dit que je pouvais les connecter entre eux. Puis, étant moi-même étudiante qui a eu du mal à s’orienter, je me suis dit que je pouvais aussi aider. »

Le 26 mars dernier, elle créé donc le groupe « Choix d’études ». Le lendemain, celui-ci compte déjà quelques 3000 membres. A l’heure d’écrire ces lignes, ils sont près de 6000 à l’avoir rejoint. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fonctionne bien. Presque chaque demande ou interrogation trouve réponse. Nombreux sont les plus âgés à dispenser des conseils ou à inviter les plus jeunes à en discuter par messagerie privée. « On modère un peu pour ne pas décrédibiliser le groupe et on a créé des sondages pour regrouper les filières afin de rassembler l’information et faciliter les relations. Une organisation m’a contacté pour reprendre le groupe, mais je n’ai pas envie qu’il devienne un moyen de faire de la publicité pour une école ou une université en particulier. Cela doit rester des étudiants qui aident des rhétos. »

L’aide des professionnels

Pour ceux qui seraient encore totalement indécis sur la direction à prendre et qui préfèrent s’en référer aux professionnels, ceux-ci, malgré le confinement, n’ont pas non plus abandonné le navire. A la Cité des métiers de Charleroi, on avait pris les devants. « C’était important pour nous de ne pas fermer totalement. On avait mis l’équipe en pré-confinement une semaine avant tout le monde et dès le jour officiel du lockdown, le dispositif en vidéo-conférence était prêt ». L’organisme a décliné toute son offre classique en digital au moyen de chats en ligne, à l’écrit ou à l’audio. Sur sa page Facebook, des vidéos présentant les ‘métiers de la crise’ sont mises en avant : conducteur de bus, microbiologiste, instituteur, médecin généraliste, journaliste… « Cela a créé pas mal d’adhésion et nous a permis de recommuniquer massivement vers notre application vidéobox qui permet de découvrir plus de 800 métiers en vidéo. Depuis le confinement, on est passé de 50 à 300 utilisateurs par jour. » Si l’initiative vient à la base de la Cité des métiers de Charleroi, les antennes wallonnes de Namur et Liège ont depuis rejoint les projets virtuels du pays noir, en étroite collaboration avec l’organe de Bruxelles.

Le service, complètement gratuit, offre conseils et réponses à de petites interrogations mais aussi du travail d’orientation plus long et plus approfondi. Face à la demande grandissante, la Cité des métiers est prête. « Actuellement, on entend environ une quarantaine de personnes chaque matinée de permanence. On commence à se faire connaître mais on a une capacité de charge plus élevée ». A Louvain-la-Neuve, le centre d’information et d’orientation de l’UCLouvain, le CIO, s’est également réorganisé et propose toute une série de services à distance : vidéos, fiches conseils, mise en contact avec un étudiant, outil en ligne d’aide à l’orientation… De nombreux événements virtuels ont aussi été mis en place. Le Pôle académique et la Cité des métiers de Bruxelles organisent par exemple tous les mercredis d’avril une séance d’information virtuelle sur différents thèmes pour aider les indécis. Conscients des faiblesses du système ‘à distance’, les organismes ont même prévu des séances en ligne sur les pièges de l’orientation…en ligne. Avec tout cela, le coronavirus n’est plus une excuse pour ne pas faire le bon choix.

Pour en savoir plus, lisez notre dossier "Tous confinés". Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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