La stratégie de l’Italie pour sortir de la crise

Teaser

Le pays le plus cruellement frappé par le Covid-19 prépare un plan pour sortir progressivement de la pandémie. 

L’Italie se tourne vers l’avenir. Après avoir enregistré son plus faible nombre de décès en deux semaines, le pays le plus endeuillé du monde pense à son redémarrage. Le ministre de la Santé Roberto Speranza a exposé, ce dimanche, un plan stratégique pour sortir « graduellement » de la crise.

En premier lieu, les autorités envisagent le port du masque généralisé, qui divise pourtant la communauté scientifique. Cette mesure est déjà obligatoire, depuis dimanche, en Lombardie, l'une des régions les plus touchées par l'épidémie de coronavirus. La distanciation sociale devra encore être scrupuleusement respectée « dans les lieux de vie et de travail ». Pour empêcher un éventuel retour du virus, un réseau d’hôpitaux se consacrant au Covid-19 resteront ouverts après la crise. Le déconfinement passera aussi par un renforcement des « réseaux sanitaires locaux » afin que chaque malade identifié puisse être pris en charge, du dépistage à la mise en place du traitement. Des tests seront également menés dans la population pour déterminer le nombre des contaminés. Enfin, le gouvernement italien envisage la mise en place d'une application sur smartphone, sur le modèle sud-coréen. Celle-ci permettra, à la fois, de cartographier les mouvements des malades diagnostiqués pendant les 48 heures ayant précédé l'infection, mais aussi de favoriser la télémédecine afin, par exemple, de surveiller à domicile leur fréquence cardiaque et leur taux d'oxygène dans le sang.

belgaimage-163022801

© BELGA IMAGE / Piero Cruciatti

Qui en premier?

Ce sont les entreprises et industries qui pourront reprendre dans un premier temps, avec une priorité pour les activités liées à la chaîne d’approvisionnement alimentaire et pharmaceutique. Viendront ensuite les commerces sans contact direct avec la clientèle, puis ceux dans lesquels les clients sont en contact avec les vendeurs. Enfin, les bars, restaurants, discothèques ou salles de sport seront les derniers à rouvrir. Concernant les écoles et universités, la RTBF avançait vendredi que les cours ne reprendraient probablement qu’en septembre, à l’exception des jeunes qui passent leur bac au mois de juin.

Les personnes souhaitant rentrer en Italie, environ 200.000 Italiens actuellement selon les chiffres officiels, devront également se mettre à l’isolement et présenter en montant à bord d’un avion ou d’un train une déclaration sur l’honneur précisant l’adresse où ils devront se soumettre à une période de quarantaine.

Un début de déconfinement le 16 mai?

Le chef de la protection civile Angelo Borrelli a évoqué une date possible d’entrée dans cette « phase 2 », synonyme de cohabitation avec le virus. Si l’évolution de la pandémie ne change pas, elle pourrait débuter le 16 mai. Mais les autorités préfèrent rester prudentes. « L’urgence n’est pas finie. Le danger n’a pas disparu. Nous avons encore quelques mois difficiles devant nous, ne gâchons pas les sacrifices consentis », a déclaré le ministre italien de la Santé dans un entretien avec les quotidiens Il Corriere della Sera et La Repubblica, tandis que le bilan approche désormais les 16.000 morts.

« Même lorsque les cas de coronavirus seront tombés à zéro, la vie ne sera plus la même pendant longtemps », a prévenu le président de l’Institut supérieur de la santé, Silvio Brusaferro. Et pour cause: les mesures de distanciation sociale seront encore en vigueur pour une durée indéterminée. Un retour à la normale, tant espéré par la population confinée depuis un mois, n’est donc pas d’actualité.

Plus de Actu

Les plus lus