Bouli Lanners explique son coup de gueule contre David Clarinval

Teaser

Le comédien revient sur sa colère qui a fait trembler Instagram. La voix d’un artiste, mais la voix d’un citoyen…

Comment va votre santé?

Ça va. Ma femme et moi, on s’est chopé cette merde, mais on en sort. Un peu affaiblis, mais on s’en sort bien par rapport à d’autres.  En même temps, on n’est pas certains de l’avoir attrapé puisqu’on ne peut pas être testés…

Comment savez-vous que vous l’avez attrapé?

J’ai appelé mon médecin.  J’espérais qu’il me dise que c’était une bronchite, mais tous les symptômes allaient dans le sens du coronavirus. Comme j’étais confiné, ma femme l’a attrapé aussi, mais on n’a pas développé de pathologies très graves.  Après trois semaines, ça commence à aller mieux…

Vous avez été ravitaillés?

Dans mon quartier, à Cointe,  on avait mis sur pied une brigade entre voisins pour aider les personnes les plus fragiles afin qu’on puisse leur faire des courses… Ma femme et moi, on a été les premiers à en bénéficier parce qu’on a été les premiers à être malades. (Rire.)

Vous avez posté une vidéo dans laquelle vous hurlez votre colère contre l’intervention au JT de David Clarinval, ministre du Budget. Cette vidéo, c’est un coup de tête? C’était réfléchi?  Vous avez écrit un texte?

Non, je n’écris jamais de texte… C’est un vrai coup de colère… Le style, évidemment, est particulier… Mais il n’y a jamais que quand je gueule et que je dis trois mots vulgaires qu’on m’écoute. Quand je parle normalement, on ne m’écoute pas…

N’avez-vous pas été trop violent, trop véhément?

Mais la violence, elle n’est pas là… Je ne suis pas violent, c’est un coup de gueule… Je ne fais pas que ce genre de vidéos… Je ne suis pas en colère tout le temps, mais rappeler que la colère est salutaire… J’étais en colère parce qu’on vit une crise sanitaire majeure avec des répercussions économiques qui vont durer. Tout le monde a transformé sa vie, on s’est tous coupé de toute relation sociale - on n’a pas été préparés à ça. Beaucoup de gens souffrent, beaucoup sont malades, hospitalisés, on ne peut pas aller les voir… Si tout le monde fait un effort, tu ne vas pas aux infos en tant que ministre pour répondre “je ne suis pas virologue” quand on te pose des questions. Nous sommes dans un  cas de figure où on a besoin de garder la confiance aux politiques. Clarinval dit qu’il espère voir l’activité économique le 19 avril, tout le monde sait qu’on ne reprendra pas le 19 avril. On sait que les infos qui arrivent ne sont pas des infos qu’on a envie d’entendre, mais il faut dire la vérité…

Le gouvernement, vous le trouvez comment dans sa gestion?

C’est pas le moment de tirer sur l’ambulance, mais la crise a mis à jour les limites de notre lasagne institutionnelle. On a commencé la crise sans gouvernement, en se demandant si on avait huit, neuf ou dix ministres de la Santé… Wilmès, elle assure, mais il faut rappeler qu’elle faisait partie du gouvernement qui a fait des coupes dans la santé publique… Clarinval, il a pris dans sa gueule parce que c’est lui qui était au JT, il m’a énervé.

À 20 heures, vous applaudissez à votre fenêtre?

Comme un con, j’applaudis, oui… J’ai plein d’amis malades, j’ai plein d’amis en première ligne, ma sœur fait partie du personnel soignant… Évidemment que je les applaudis…

Clarinval a-t-il réagi à la vidéo?

J’imagine qu’il doit me détester. Je ne m’attaque pas à l’homme, c’est peut-être un super mec, je ne le connais pas…  Je m’attaque au ministre. Au JT, l’autre jour, Clarinval, il nous a pris pour des cons.  À part ça, j’ai reçu des centaines de retours de gens qui me disent merci…

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