Le retour des promotions en supermarchés fera-t-il baisser les prix?

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La ministre fédérale de l’Économie, Nathalie Muylle, promet la levée de l’interdiction sur les réductions en magasin. Cela laisse présager d’une baisse du coût des courses. Pour autant, d’autres paramètres ont leur importance pour retrouver les prix d’avant-crise.

C’est la bonne nouvelle du moment pour le consommateur. Le gouvernement belge autorisera dans les prochains jours un retour des promotions dans les supermarchés. La ruée sur certains produits au début de la crise sanitaire n’étant plus de mise, le moratoire sur les promos a perdu sa fonction anti-pénuries. Cela devrait faire du bien au portefeuille des clients qui avaient noté une augmentation des prix sur leurs tickets de caisse avec le confinement. Quant à savoir si cela équivaut à dire que l’on reviendra à une situation ante-quem, il ne faudrait peut-être pas aller trop vite en besogne.

L’équilibre offre-demande en jeu

S’il faut être si prudent, c’est que les promotions ne font pas tout. Beaucoup d’autres éléments ont joué en faveur de la hausse des prix constatée par les consommateurs et Test-Achats. L’affluence extraordinaire en magasins en début de confinement tout d’abord a joué sur la loi de l’offre et la demande. Alors que certains produits se faisaient rares, les clients étaient plus nombreux, d’où des prix plus hauts. Maintenant que la situation s’est calmée, il faut voir si cela se reflète en magasin. « Nous sommes en train de faire le monitoring d’un certain nombre de prix, mais il faut le faire sur une période de temps assez significative. Début de la semaine prochaine, nous devrions avoir un peu plus d’indications à ce niveau-là », fait savoir Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats.

Toujours selon la loi de l’offre et de la demande, on trouve l’influence de la fermeture d’un certain nombre de petits magasins et de marchés. Ces dernières années, ils ont grignoté de plus en plus le chiffre d’affaires des supermarchés. Leur absence joue donc aussi un rôle aujourd’hui. « À partir du moment où l’on diminue l’offre, il y a une influence sur le prix. Les mesures de confinement sont tout à fait compréhensibles mais l’appauvrissement du marché a forcément des conséquences. »

Il faut voir aussi comment les supermarchés vont réagir à la levée d’interdiction des promotions. Colryut est enthousiaste à ce sujet parce que cela lui permet d’appuyer sa communication valorisant le produit le moins cher. Mais du côté de Delhaize, par exemple, qui ne mise pas sur cette même stratégie, cette nouvelle n’est pas aussi populaire parce que la suppression des promotions permet d’avoir une offre plus neutre entre concurrents.

La question essentielle de l’approvisionnement en magasin

Les promotions ne font peut-être pas tout mais d’autres bonnes nouvelles se profilent à l’horizon. Du côté de Comeos, qui représente les commerces belges, on assure que les problèmes d’approvisionnement devraient appartenir au passé dans les dix prochains jours. Cela devrait jouer sur la disponibilité des produits et donc sur la baisse des prix. Mais ce n’est pas tout: les commandes alimentaires en ligne devraient aussi revenir en force. « Durant les dix premiers jours de la crise sanitaire, ce secteur était dans une situation chaotique. Tous les sites d’alimentation étaient bloqués par la difficulté de gérer les commandes avec des problèmes de livraison et d’acheminement des produits. S’ils reviennent à une situation plus ou moins normale, on devrait avoir un étalement de la demande et donc un retour progressif à plus de stabilité. Selon nos informations, cela devrait avoir lieu début avril », assure Jean-Philippe Ducart.

Toutes ces nouvelles réjouissantes feraient presque oublier que certains produits sont toutefois toujours rares en rayon. Or, même si l’amélioration de l’approvisionnement jouera un rôle positif sur ce plan, cela ne fera pas tout. « Ces produits ne sont pas forcément concernés par une quelconque pénurie mais cela peut être dû à des fréquences de réassortiment ou de moyens pour le faire. Certains magasins sont en manque de bras tout simplement : il y a des gens malades, d’autres confinés chez eux, certains ne veulent plus travailler, y compris parmi les étudiants… Cet effet collatéral de la crise complique la situation. Il y a une pression et une tension à la fois sur la demande et sur l’offre », note le porte-parole de Test-Achats.

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