Est-on proche de produire un vaccin contre le Covid-19?

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Les entreprises lancées dans la course au vaccin contre le coronavirus se multiplient ces derniers jours : Johnson & Johnson, Moderna, CanSinoBIO… Mais ces pistes de recherche soulèvent quelques doutes. Une partie de la communauté scientifique préfère pour le moment concentrer ses efforts sur d'autres alternatives contre le Covid-19.

Ce lundi 30 mars 2020, un nouveau venu propose son projet de vaccin contre la pandémie de coronavirus : la compagnie pharmaceutique Johnson & Johnson. Celle-ci se veut d’ailleurs particulièrement optimiste. Grâce à une aide du gouvernement américain d’un milliard de dollars, elle le pourrait tester sur des humains d’ici septembre. Le monde serait donc prêt à faire face à un possible retour du Covid-19 d’ici début 2021. Bonne nouvelle, si ce n’est que la question est plus complexe que cela.

Une longue et incertaine conception

Dans une telle situation d’urgence, la mobilisation est évidemment forte pour être le premier à développer ce vaccin. Outre Johnson & Johnson, une autre entreprise pharmaceutique, Moderna, veut relever le défi, tout comme la société chinoise CanSinoBIO. Mais beaucoup d’incertitudes pèsent sur la conception d’un tel vaccin jusqu’à son aboutissement, et cela vaut pour tous les essais en cours jusqu’à présent.

« Il faut avoir un avis mitigé sur ces actualités concernant de possibles vaccins parce qu’il y a une grande part d’effet d’annonce. Ces firmes ont les ressources financières pour faire de la publicité et elles en profitent, mais cela ne veut pas dire que les vaccins qu’elles prévoient de créer seront bien effectifs. Ils doivent passer par beaucoup de tests avant que cela ne soit concret, et même si le produit final s’avère probant, quelle sera sa durée de vie dans le corps ? Un mois, quelques mois, un an ? Est-ce qu’il faudra plusieurs injections ? Toutes ces inconnues font que l’on doit considérer ces possibilités avec l’ensemble des incertitudes concernant leur mise au point », tempère Jean-Luc Gala, médecin infectiologue et professeur à la Faculté de médecine de l'UCLouvain.

Un médicament, l’autre Graal

Cette recherche, nécessaire et prometteuse, est donc un processus compliqué. Il est encore beaucoup trop tôt pour s’emballer pour telle ou telle proposition d’une grande firme pharmaceutique. Pour autant, la communauté scientifique ne perd pas espoir et entrevoit même une alternative : un médicament. Il ne serait ici pas question de se protéger de la maladie avant qu’elle n’arrive mais de la traiter directement.

Si la conception d’un médicament suscite autant de mobilisation, c’est qu’il y a une différence majeure entre sa conception et celle d’un vaccin. Pour un médicament, il ne faut que quelques mois de tests pour que le projet aboutisse, contre plus d’un an pour le vaccin. Les patients atteints par le Covid-19 pourraient donc être guéris dès cette année si la chance sourit aux chercheurs.

Jean-Luc Gala cite par exemple un tout nouveau projet qui obtient ses faveurs : celui notamment développé par la Plateforme de Technologies Moléculaires Appliquées (CTMA) et l’entreprise pharmaceutique Orgenesis. « Le médicament qu’ils prévoient de créer se base sur un anticorps neutralisant qui est produit par des cellules de patients ayant développé une immunité contre le coronavirus. On récupère ces cellules qui produisent ces anticorps neutralisants via un transfert initial dans un système d’amplification animale. Dans un second temps, on reproduit ces anticorps en grandes quantités avant d’obtenir le médicament final. Si cela marche, les malades du Covid-19 pourraient être guéris dans quelques mois », espère-t-il.

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