La famille à l'épreuve du confinement

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Depuis le 18 mars, la Belgique est confinée. Pour beaucoup, cela implique une réorganisation forcée de la dynamique du ménage qui n'est pas forcément aisée. Témoignage.  

Conjoints et enfants collés les uns contre les autres vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans un appartement de X m² sans pouvoir en sortir. Avec, pour certains, l'obligation de continuer à travailler comme si de rien n'était. Le confinement est aussi une épreuve pour les familles, qui augmente les tensions et peut mener à la rupture.

Jean-Yves et Alex ont deux enfants. Deux garçons. Le premier va sur ses six ans. Le plus petit a bientôt un an. Alex est indépendante dans le secteur culturel, contrainte au chômage forcé. Jean-Yves bosse dans le service informatique d'une grosse boîte de quincailleries dont les portes sont fermées en Belgique... Mais qui tourne à plein régime aux Pays-Bas. Si bien qu'il n'est pas question de chômer.

« On me demande de faire mes 7h30 de boulot par jour, comme d'habitude, dit Jean-Yves. Sauf que c'est impossible. Déjà, je ne suis pas habitué à bosser de chez moi, je n'ai même pas de coin bureau. La première semaine de confinement, on était tous les quatre dans la même pièce avec les enfants qui demandent de l'attention, qui courent partout, c'était simplement impossible de se concentrer ».

Alex, elle, s'est retrouvée femme au foyer : « Ca s'est fait comme ça, il n'y a pas eu de discussion. Soudain, je devais m'occuper des enfants toute la journée parce que j'étais au chômage forcé et que Monsieur devait travailler. C'était comme un retour dans les années 50. Je n'ai jamais signé pour ça ».

Retrouver un équilibre

Or, les enfants sont à un âge où... « Ils ne jouent pas encore ensemble. Le plus jeune commence à peine à marcher et il est dans sa phase découverte. Il met tout ce qu'il trouve en bouche, les lego, les playmobils... Il faut veiller sur lui non-stop ». Le plus grand est lui du genre turbulent : « Il a une énergie qui nous dépasse, dit Jean-Yves. Si on ne le sort pas à un moment, ça devient un enfer ».

« Au bout d'une semaine, je ne parvenais ni à bosser, ni à m'occuper des enfants, on s'engueulait tout le temps, j'étais prêt à craquer complètement. Alors, quand on a commencé à parler de prolonger le lockdown, il a fallu prendre une décision. On ne pouvait pas tenir comme ça. J'ai appelé le boulot pour passer en 2/5ème ».

La famille se réorganise. Deux jours pour s'occuper des enfants, deux jours pour le boulot, chacun son tour, et le vendredi tous ensemble. « C'était important de retrouver un équilibre et aussi de réorganiser l'espace. Par exemple, en agençant un coin bureau dans l'appartement », dit Alex. Qui ajoute : « Malgré les difficultés, on a bien conscience d'avoir de la chance dans notre quotidien et d'être dans une situation confortable du point de vue économique et familial. Si on pense aux mères célibataires, aux couples qui ne savent pas se parler... Nous, on a juste dû s'adapter à une situation particulière ».

Risques de violences conjugales

Le confinement peut également s'avérer une véritable  épreuve pour, le plus souvent, les femmes. On observe ainsi une augmentation des plaintes pour violences conjugales dans les pays qui ont imposé ces mesures. La Belgique a mis à disposition un numéro gratuit pour les victimes de violences conjugales est le 0800 30 030.

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