Le Covid-19, pire ennemi de Donald Trump

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L'OMS a annoncé que les Etats-Unis pourraient rapidement devenir le nouvel épicentre de la pandémie de coronavirus. Les chiffres et la rapidité avec laquelle ils évoluent inquiètent. D'autant plus que le pays ne semble pas prêt à faire face à l'épidémie...

Les chiffres

Ce vendredi, les Etats-Unis ont officiellement dépassé l'Italie et la Chine en termes de nombre de cas recensés : 85.381 aux USA contre 81.340 en Chine et 80.539 en Italie. Si on n'y décompte encore « que » 1.271 morts, la vitesse avec laquelle le virus se propage a de quoi faire craindre le pire. La courbe ascendante est plus raide que celle de l'Italie et de l'Espagne, et dans le seul Etat de New York, on a recensé 100 décès ces dernières vingt-quatre heures. New York est l'épicentre de l'épidémie. On y décompte 37.000 cas et 385 morts. Et malgré les mesures de confinement prises le 16 mars, les chiffres ne font que grimper de plus en plus vite...

Un système de santé pas préparé

Andrew Cuomo, le gouverneur de l'Etat de New York (20 millions d'habitants dont 12 à New York City), a tiré la sonnette d'alarme, exhortant le gouvernement fédéral à lui apporter de l'aide. Plus d'aide que les 3 milliards de dollars déjà alloués. Selon une projection faite par l'Etat, New York aurait besoin de 15 milliards pour pouvoir contenir l'épidémie. Car les hôpitaux sont en manque cruel de matériel...

Toujours selon cette étude, l'Etat de New York dispose de 53.000 lits, mais au vu de l'évolution de la crise, il en aurait besoin de 140.000. De même il y aurait un manque de 37.000 places aux soins intensifs et de 25.000 respirateurs... Des chiffres faramineux qui trahissent l'impréparation de l'Etat – et du pays – face à l'ampleur de la crise. « Le pic sera plus élevé que nous le pensions et il arrivera plus tôt que nous le pensions, a ainsi avoué Andrew Cuomo. C'est une mauvaise combinaison ».

 

« Une reprise le 12 avril »

Le président Trump, lui, s'inquiète surtout de la crise économique que la crise sanitaire ne va pas manquer de causer. C'est pourquoi il prône la réouverture du pays et une reprise rapide du travail, idéalement pour le 12 avril, période des vacance de Pacques... Soit le moment où New York atteindra le pic de l'épidémie, selon les estimations de l'OMS. Une reprise prématurée du travail risquerait donc fortement de relancer les contaminations et faire entrer le pays dans un cercle vicieux et meurtrier, comme ne cessent de le répéter les experts au président. Mais celui-ci n'écoute pas...

« Les vrais gens veulent retourner travailler le plus vite possible", a lancé Trump mercredi sur Twitter, tout en accusant les grands médias d'être "la force dominante qui essaie de (le) forcer à garder le pays fermé le plus longtemps possible dans l'espoir que cela nuise à (sa) réélection". Car Donald Trump craint, à juste titre, que le virus ne pousse le pays vers « une grave récession ou une dépression ». C'est pourquoi il s'apprête à lancer un plan de relance économique faramineux de 2.000 milliards de dollars soit « le plus vaste plan de sauvetage de l'Histoire des Etats-Unis ». Mais cela sera-t-il suffisant pour palier au manque de filet social et aux besoins du système de santé ? Alors que les élections se rapprochent, l'Obamacare (système de soins de santé universel mis en place par Obama et) savamment démantelé par le président-milliardaire risque bien de revenir hanter les débats...

Propagation à l'intérieur du pays

La « réouverture rapide du pays » prônée par le président semble d'autant moins plausible que le coronavirus se propage désormais vers l'intérieur du pays. Sur les cartes, on peut voir les points rouges de la propagation se déplaçant comme les premiers pèlerins vers l'Ouest. La Lousianne, le Michigan, la Floride ou la région de Washington sont notamment déjà fortement touchés. Et laissent à penser que la crise sanitaire aux Etats-Unis ne fait que commencer...

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