Cours à distance, stages, mémoires...: les étudiants pointent des manquements

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La Fédération des étudiants francophones révèle dans un sondage que le dispositif de cours à distance est jugé insuffisant dans un cas sur deux. Elle insiste pour que plusieurs mesures soient mises en place, mais la réponse se fait attendre.

C’est un désaveu pour les établissements du supérieur : près d’un étudiant sur deux ne dispose toujours pas de cours en ligne selon un sondage de la FEF. Pour ceux qui ont cette chance, les enseignements mis en place sont jugés insatisfaisants par la même proportion à l’université, et encore plus dans les Hautes écoles. Les points noirs sont les écoles d’art, où un étudiant sur trois dispose de cours à distance, et l’ULB qui est l’université francophone belge la moins bien notée dans le sondage de la FEF. La FEF demande à ce que des solutions arrivent rapidement, notamment pour empêcher le creusement des inégalités entre étudiants.

Plusieurs pistes pour des réponses adaptées

La FEF met donc premièrement un point d’honneur à ce que les dispositifs numériques soient améliorés. « Ce que l’on remarque, c’est que ces cours à distance ne marchent pas si bien que cela et que cela crée certains problèmes. C’est un point à mettre en avant pour améliorer ces cours, surtout dans un cadre où les universités annoncent qu’elles vont rester dans cette configuration pendant toute la période scolaire restante », insiste Chems Mabrouk, porte-parole de la FEF.

Cette dernière demande à ce que plusieurs autres mesures soient prises pour aider les étudiants en fracture numérique : la possibilité d’obtenir des cours sur papier, la location de matériel informatique, etc. « Ce qu’il faut, c’est qu’une harmonisation des mesures soit décidée pour que cela ne crée pas d’inégalités entre les différents étudiants », dit-elle. Il existe aussi une inquiétude par rapport à la bonne transmission des consignes et des méthodes d’évaluation pour les examens. Autre point : le cas des étudiants qui n’arrivent plus à financer leurs études à cause de la perte d’un travail. « On demande, tout comme les jeunes CSC, à ce qu’un fond d’aides sociales soit mis en place pour soutenir les étudiants qui se trouvent dans une situation plus compliquée pour la durée de la crise sanitaire », fait savoir Chems Mabrouk.

Les plus grands sujets de préoccupations restent néanmoins le cas des étudiants en art, qui ont beaucoup de cours pratiques, et ceux qui avaient prévu de réaliser des stages ou des mémoires. « Il faut absolument qu’il y ait une concertation pour déterminer ce qui pourrait vraiment convenir. Mais il est évident que l’on ne pourra pas remplacer l’entièreté des cours et toute la perte pédagogique, notamment pour des formations comme pour les arts du cirque », s’inquiète la porte-parole de la FEF.

Pris au piège du confinement

Pour répondre à ces demandes, les établissements du supérieur sont cela dit dans une position délicate. Concernant l’aide en matériel par exemple, l’UCLouvain s’avoue démunie : « Pour un étudiant qui demanderait du matériel informatique, on ne dispose malheureusement pas des ressources nécessaires pour offrir cela à chaque étudiant. Pour les cours sous forme papier, le problème est que la DUC [ndlr : qui s’occupe de l’impression des syllabus] est fermée, vu les consignes gouvernementales, et qu’il faudra trouver un système pour que l’on puisse les produire », explique Benoît Raucent, président du Louvain Learning Lab qui est en charge des cours en ligne.

Sur la question des stages et des mémoires, là aussi l’UCLouvain se trouve dans une situation difficile parce que leur réalisation dépend des entreprises et d’autres établissements. « On va devoir trouver des aménagements qui conviendront au cas par cas. La première chose que l’on fait est de répertorier tous les cas et de les catégoriser. Ensuite, en fonction de cela, on prendra des décisions pour chaque catégorie », commente-on du côté de l’université.

Lueur d’espoir pour les étudiants en manque de soutien : la réunion prévue lundi 30 mars entre la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, et les différents acteurs. « Je pense que la réunion de lundi passé servait surtout à ce que la ministre comprenne où en était la situation avec les retours du terrain. Maintenant, il est temps de trouver des réponses et de prendre des mesures », conclut Chems Mabrouk.

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