Des bénévoles bruxellois contre la pénurie de masques

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1.500 citoyens volontaires se lancent dans la confection à domicile de masques anti-projections.

Deux mains, et une machine à coudre : c’est tout ce qu’il leur faut. À Bruxelles, des bénévoles se lancent dans la confection de masques, pour lutter contre la pénurie. Ils ont répondu à l’appel de trois entreprises, TRAVIE, EcoRes et MAD, soutenues financièrement par la Région de Bruxelles-Capitale. L’objectif de « masques-coronavirus Brussels » : la production de 100 000 masques anti-projections, qui empêche un patient contaminé de projeter des micro-gouttelettes autour de lui.

En quelques jours à peine, c’est plus de 1.500 citoyens qui se sont portés volontaires pour coudre. « Le téléphone a bien chauffé ces derniers temps », sourit Magali Ronsmans, chargée de communication chez EcoRes. « À tel point qu’on ne recrute plus de bénévoles supplémentaires pour l’instant ».

3.000 petites mains qui font partie d’une chaine bien huilée. En amont, il y a d’abord TRAVIE, l’entreprise de travail adapté, qui s’occupe de pré-découper le tissu nécessaire, et de le répartir en kits. Ces kits sont ensuite acheminés par Urbike, la coopérative de livraison à vélo, jusqu’au domicile des volontaires. Chacun et chacune d’entre eux reçoit de quoi confectionner 50 masques. Avec un peu d’entraînement, coudre un masque prendrait 5 grosses minutes, à en croire le tutoriel dédié sur le site du projet. Pré- requis obligatoires : « Avoir une machine à coudre, et ne pas être malade ».

Économie locale

Une fois les masques terminés, ils sont ramenés, toujours via Urbike, chez TRAVIE, pour un contrôle qualité. Puis le gouvernement bruxellois se charge de la distribution, vers les secteurs les plus en demande, en priorité « dans les maisons de repos, le secteur du sans-abrisme et les services d'aide et de soins à domicile pour protéger les personnes asymptomatiques et réduire la transmission », liste Alain Maron (Ecolo), ministre bruxellois de la Santé.

Pour Magali Ronsmans, des crises comme celles du Covid-19 permettent de remettre en question nos modes de production, et mettent en avant d’autres manières de faire, plus locales et circulaires : « Avec un projet comme celui-ci, c’est l’occasion de repenser l’organisation de nos sociétés. En dix jours à peine, on a réussi à mobiliser beaucoup de monde, on a senti un vrai élan de solidarité. Il faudra garder ça à l’esprit, une fois la crise finie, ça devra faire partie d’une réflexion à mener collectivement ».

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