Près de 90% des cas positifs n’ont pas été détectés en Belgique

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Selon une estimation partagée par l’épidémiologiste Marius Gilbert, seulement 12% des cas positifs sont repérés en Belgique. 

Le dernier bilan belge, annoncé ce lundi, s'élève à 3.743 cas confirmés, dont 88 décès signalés. Les experts le répètent : ce chiffre est sous-estimé. Ne portant que sur les cas analysés, il ne reflète pas la réalité de l’épidémie. Le nombre de personnes contaminées est bien plus grand. Sur Twitter, l’épidémiologiste Marius Gilbert a partagé une première estimation : environ 88% des cas positifs ne seraient pas détectés. Le Centre de modélisation mathématique des maladies infectieuses estime que “seulement 12% des cas positifs sont détectés en Belgique, avec une variation entre 8,8% et 17%”, nous explique le chercheur à l’ULB. C’est plus qu’en Italie (4,6%), en Espagne (5,3%) et en France (9,2%), mais largement moins qu’en Corée du Sud grâce à sa campagne massive de dépistage (88%).

Parmi ces cas non détectés, un nombre important de personnes sont asymptomatiques. “C’est une bonne nouvelle, cela ferait diminuer le taux de décès”, affirme l’épidémiologiste, même s’il n’est pas possible pour le moment de connaître ce chiffre. “Ce sera possible le jour où on aura des tests sérologiques”, détectant des anticorps. “On ne les a pas encore, mais ils pourraient devenir utiles dans les prochaines semaines”.

L’importance des tests

Les tests sérologiques ne sont pas les seuls vivement attendus en Belgique. Dans une lettre ouverte à la Première ministre Sophie Wilmès, deux chirurgiens du du CHU Saint-Pierre de Bruxelles réclament des tests systématiques du Covid-19 auprès des patients et du personnel soignant. “Il est inacceptable de s'entendre dire qu'on ne peut tester qu'une fraction des patients et du personnel, faute de réactifs”, écrivent-ils dans cette lettre intitulée “la double peine du personnel hospitalier”. Pour Marius Gilbert, l’augmentation du nombre de tests diagnostiques est “indispensable” pour passer d’une stratégie de confinement collective à une stratégie de quarantaine individuelle. “Il faut qu’on essaie d’augmenter la capacité des tests au maximum”, insiste-t-il.

Pour endiguer l’épidémie, l’augmentation des tests diagnostiques est même une priorité, alors que la ministre de la Santé Maggie De Block a estimé ce dimanche que la crise devrait durer encore huit semaines au moins. Plusieurs « task forces » ont été mises sur pied, indique Le Soir, chapeautées par le ministre de l’Agenda numérique et de la Protection de la Vie privée Philippe De Backer (Open VLD). Une collaboration entre plusieurs universités et le secteur privé permettra aussi d’augmenter la capacité des tests “dans les prochaines semaines”, souligne l’épidémiologiste, ajoutant que des tests rapides, “moins fiables”, mais extrêmement utiles au niveau hospitalier, sont également mis en œuvre. Mais Marius Gilbert rassure : “On peut déjà s’attendre à une augmentation de la capacité des tests fin de cette semaine, et surtout courant de semaine prochaine.”

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