"Il ne faut pas faire les cons et peut-être qu'on s'en sortira"

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L'Espagne est le pays le plus touché par le Covid-19 après l'Italie. Le Premier ministre Pedro Sanchez vient de prolonger l'état d'urgence de deux semaines. Témoignage depuis Barcelone.

Quatre cents morts en moyenne par jour depuis jeudi. C'est ce à quoi l'Espagne fait face en ce moment, avec un nombre de personnes contaminées atteignant désormais environ 30.000 et un bilan de près de 2.200 morts.  Depuis quelques jours, la crise s'accélère. Le Premier ministre Pedro Sanchez a prolongé l'état d'urgence jusqu'au 11 avril tout en martelant que « le pire est à venir ».

Du côté de la population, qui est confinée depuis le 12 mars, on ne prend pas les mesures à la légère. Vincent, un Français qui habite Barcelone depuis une quinzaine d'années, nous explique la situation de l'intérieur.

« Le jeudi 12 mars, le Premier ministre a annoncé l'état d'urgence. On s'y attendait depuis quelques jours. Au boulot, ils nous disaient chaque soir de reprendre notre ordi, au cas où... Mais c'est quand Sanchez a dit que les écoles seraient fermées dès le lendemain que je me suis dit que c'était sérieux. Avant, comme tout le monde, je me demandais ce qu'ils avaient encore inventé... Aujourd'hui, c'est sûr, je fais moins le malin, d'autant que je suis considéré à risque vu que j'ai la maladie de Crohn. Mais bon, pour l'instant, je n'ai rien chopé, donc je touche du bois ».

Le confinement

« Tu ne peux pas sortir de ton quartier. Il te faut une autorisation pour ça et la police y veille. Les rues sont totalement désertes. Les parcs sont fermés, les seuls commerces ouverts sont les boulangeries, les fruits et légumes et les supermarchés. Ah, et les tabacs ! Je pense qu'ils savent qu'ils n'ont pas intérêt à fermer les échoppes de tabac... Je suis sorti deux fois en une semaine pour aller chercher à manger. Je n'ai croisé personne. Je crois que tout le monde a bien compris que ces mesures n'étaient pas à prendre à la légère. Mes filles de 7 ans sont chez leur mère depuis une semaine. Ca va, elles comprennent la situation, elles savent qu'il y a un virus qui se promène et qu'il faut rester chez soi pour ne pas l'attraper ».

Les hôpitaux

« Ce week-end, ils ont commencé à choisir entre ceux qu'ils allaient laisser mourir et ceux qu'ils allaient essayer de soigner. C'est comme en Italie, il n'y a pas assez de matériel et ils sont submergés. Les hôtels ont été transformés en hôpitaux parce qu'il manque de lits, c'est comme durant la guerre. Personne ne sait si le système de santé va tenir ».

Le nombre de cas

« L'explosion de cas à laquelle on assiste depuis quelques jours, ça remonte au 8 mars. Tout le pays a manifesté pour l'égalité homme-femme et tu peux être sûr que tout le monde a chopé le virus ce jour-là. Si tu comptes que l'incubation prend entre quatre et quatorze jours, on y est. Et ça fait du monde qui a ensuite à son tour propagé le virus... Je ne sais pas comment tout cela va se terminer, mais ce n'est pas une blague. Il faut prendre ça au sérieux, arrêter de faire les cons, suivre les consignes, et peut-être qu'on s'en sortira ».

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