Première journée de confinement: entre World War Z et dimanche sans voiture

Teaser

Coronavirus oblige, la Belgique est en lockdown depuis ce mercredi. Dans les faits, les choses flottent encore de façon imprécise dans cet air du temps vicié. 

L'heure fatidique devait sonner midi. Après quoi, tout le monde chez soi ! C'était les consignes, les nouvelles règles en vigueur, la loi ! Autant dire qu'il y avait du monde dans les rues de la capitale, ce mercredi matin. Malgré le « social distancing », malgré les premières mesures de confinement, malgré le virus qui traîne dans les airs.

En cette matinée, sur les boulevards bruxellois, les voitures roulent en force. Direction le boulot, ou ailleurs. Ce mouvement a des airs de rush matinal. Un petit rush, certes, un rush d'été, mais un rush tout de même. Chacun bien confiné dans sa carrosserie de métal tandis que d'autres attendent le bus ou le tram. Et puis, il y a les supermarchés...

Zombie fever

Du côté du cimetière d'Ixelles, une file s'est créée devant une enseigne bien connue, qui s'allonge sur 50 mètres jusque dans le parking. Chacun attend patiemment derrière son caddies, cette arme de guerre pour dégoter les dernières victuailles et rouleaux de PQ. Enfin, s'il en reste... La situation dans tous les supermarchés du pays (et du monde) semble être la même : les pâtes, le fromage pour mettre sur les pâtes et le PQ sont hors-jeu depuis une semaine. Les rayons sont vides.

Là-dessus, il faut bien admettre que le calme règne par rapport aux jours précédents. Un portier ganté s'assure d'ailleurs du maintien de l'ordre et de la distance réglementaire à laisser entre chaque caddies. Alors qu'il y a quelques jours seulement, les scènes hallucinantes de supermarchés semblaient tout droit tirées de World War Z... Zombie fever ?

Bizarrement, les petits commerces aux alentours ne connaissent pas la ferveur des supermarchés. Devant les marchands de légumes et les libraires, un panneau explique les choses : « Deux personnes dans le magasin ». Une petite file se forme au calme sous le soleil. De quoi prendre la température, discuter un peu, mais pas trop, car la conversation retombe toujours sur le même sujet. Et l'atmosphère a ce quelque chose de bizarre dans l'air. Quelque chose d'anxiogène qui pousse à ne pas trop parler. De peur que des postillons s'égarent, de peur d'attirer le mal. Comme dans un film de zombies, oui...

Le premier jour de printemps

Reste que ce premier jour de confinement général est aussi le premier jour de beau temps de l'année. Parlez d'une coïncidence ! On s'en rend compte en fin de journée du côté du bois de La Cambre. La Première ministre Sophie Wilmès avait annoncé la veille que « le sport avec un ami, à bonne distance, était autorisé ». Il était même « conseillé ». C'est peu dire que les Bruxellois l'ont prise au mot ! Rarement y a-t-il eu autant de sportifs dans la capitale. Soudain, cette fin de journée ressemble à un dimanche sans voiture. Les gens courent ou se promènent, deux par deux, mais en nombre. On se croise et on se dépasse tout en essayant de garder cette sacro-sainte distance de un mètre. Pas toujours évident, même si la bonne volonté y est.

Il n'empêche, à regarder le soleil se coucher derrière les arbres, on en oublierait qu'un virus mortel se promène parmi nous. On se dit que les consignes sont (peu ou prou) respectées. Mais on se demande aussi si elles vont suffire à éradiquer l'épidémie. En vérité, on a du mal à se rendre réellement compte de ce que cela implique. Alors, on finit par penser à autre chose. Comme si rien de tout cela n'avait lieu. Histoire, aussi, sans doute, d'éloigner le mal. La première journée de confinement ? Plutôt la première journée de printemps.

Plus de Actu

Notre Selection