Coronavirus: Pourquoi les kiosques à journaux restent-ils ouverts ?

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Les librairies gardent portes ouvertes. Moustique continuera à être disponible et à vous informer tant comme magazine que sur internet.

Malgré les nouvelles mesures de confinement décidées par le gouvernement de Sophie Wilmès, les librairies resteront ouvertes. Les points presse sont donc considérés comme des commerces essentiels au même titre que les pharmacies, les commerces de nourriture, les banques, postes, stations-service, magasins de nuit et... les coiffeurs. Pour quelles raisons ?

Jean Faniel, chercheur au CRISP (Centre de Recherche et d'information socio-politiques), nous aide à répondre à cette question : « Le droit d'information est évidemment important en démocratie et particulièrement dans une situation où on n'y voit pas très clair. Les gens ont besoin de s'informer. Maintenant, ils ont beaucoup de moyens de le faire : radio, télévision, internet et réseaux sociaux... On peut craindre que les réseaux sociaux deviennent l'information principale de beaucoup de gens. Or, on sait qu'on y trouve tout et n'importe quoi. La décision du gouvernement s'explique donc peut-être par un besoin de garder une information aussi plurielle que possible ».

Une autre raison est sans doute à chercher du côté des finances publiques. Et de la nécessité de soutenir l'économie : « On sait que les conséquences budgétaires de la crise du coronavirus vont être colossales. Le gouvernement cherche donc à limiter la casse en maintenant en activité ce qui peut encore l'être de manière plus ou moins ordinaire. Ensuite, il y a peut-être également une volonté plus pragmatique qui est de se dire que les commerces qui restent ouverts n'auront pas besoin de compensations économiques aussi fortes que ceux qui ont dû fermer comme l'horeca ».

Les journaux et le tabac en hausse

Du côté des libraires, en tout cas, c'est un soulagement. A Ixelles, les points presse ont pris leurs mesures. Un petit panneau informe les clients : « Dû aux mesures sanitaires, seulement deux personnes à la fois sont autorisées dans le magasin ». Une petite file se crée au soleil devant la petite librairie du quartier Boondael. « Si je devais fermer trois semaines, je me retrouverais avec des factures de 4.000 euros que je ne saurais pas payer », nous dit la libraire tout en servant ses clients habitués.

Les gens achètent-ils plus de journaux depuis deux semaines ? « Oui, j'ai dû repasser une commande pour certains titres de la presse quotidienne. Il y a une vraie demande d'information. Mais aussi de tabac ! Je vends énormément de cigarettes, ces jours-ci ». Le commerce tourne (presque) à l'ordinaire, donc. Reste une question que se pose autant le chercheur que la libraire : « Jusque quand ? »

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