Coup de projecteur

Teaser

Avec des appareils toujours plus abordables et une qualité d’image qui n’a rien à envier aux téléviseurs, la vidéoprojection s’invite dans nos salons. Nos conseils pour y voir plus clair.

Contrairement aux téléviseurs, qui se divisent globalement en deux catégories (les écrans LED et OLED), une multitude de technologies, de modèles et de termes techniques compliquent l’achat d’un vidéoprojecteur. Entre le bruit, la focale, la luminosité, le contraste ou le calcul du recul, les variables sont tellement nombreuses qu’elles peuvent rebuter les consommateurs les plus cinéphiles, pourtant séduits par l’idée d’avoir leur propre cinéma à domicile - et à moindre coût. Outre la taille de l’image, la vidéoprojection a en effet un avantage considérable: le prix. De nos jours, on peut trouver des projecteurs d’excellente qualité à moins de 1.000 euros, offrant une taille d’image excédant les 65 pouces des téléviseurs haut de gamme. Encore faut-il pouvoir trouver la perle rare. Pour cela, il est conseillé de procéder par étapes. En commençant par définir la technologie de projection souhaitée.

DLP, LCD ou laser?

Chaque technologie a ses avantages et ses inconvénients. Les deux principales se cachent derrière les sigles DLP, pour Digital Light Processing, et LCD, pour Liquid Crystal Display. Le DLP est une technologie constituée d’une matrice à micromiroirs. La lumière émise par le projecteur est filtrée par une roue chromatique, qui se charge de segmenter la couleur en rouge, bleu et vert. Ensuite, la lumière vient se refléter sur les miroirs de la matrice qui la réfléchissent en direction de la lentille de projection. Pour une résolution Full HD (le minimum à envisager en cas d’achat sérieux), la matrice compte plus de 2 millions de micromiroirs. Chaque miroir réfléchira une couleur, que notre oeil - ainsi que la persistance rétinienne - se chargera de mélanger afin d’obtenir une image nuancée. L’avantage des projecteurs DLP est de proposer des noirs plus intenses et un meilleur piqué. L’inconvénient majeur ne touchera qu’une poignée d’utilisateurs. En effet, certaines personnes seront sensibles à l’effet “arc-en-ciel” produit par la rotation de la roue chromatique. L’image sera alors parsemée d’éclairs de couleurs, ce qui peut causer des maux de tête. La technologie LCD, quant à elle, se base sur une triple matrice alimentée par le flux lumineux émis par la lampe du projecteur. Cette lumière est alors répartie sur trois panneaux (rouge, bleu et vert), avant d’être reconstituée pour former l’image. L’avantage de cette technologie, c’est sa colorimétrie fidèle et naturelle, sans effets arc-en-ciel. Aussi, la technologie LCD existe depuis de nombreuses années, et continue d’évoluer, afin de proposer des images plus contrastées et plus fidèles. Malheureusement, pour bénéficier de ces avancées, il est impératif d’éviter les modèles d’entrée de gamme, qui proposeront une image moins contrastée (la matrice étant traversée par la lumière) et souffrant d’une part de noirs tirant vers le gris, et de l’autre d’un effet de grille, qui viendra “encadrer” chaque pixel projeté, bien plus que sur un projecteur DLP. Enfin, il existe également des projecteurs laser, où la lampe est remplacée par des LED rouges et un laser bleu. Des modèles qui permettent d’afficher jusqu’à 8 millions de pixels, mais leur prix dépasse largement les 1.000 euros (comptez entre 5.000 et 7.000 euros chez Sony).

Faites la lumière

Qui dit projection d’une image dit lumière. Et donc luminosité. Si vous souhaitez profiter un maximum de votre vidéoprojecteur, il faudra prendre en compte plusieurs paramètres. À commencer par la taille de votre pièce, et sa luminosité ambiante. Une grande pièce très éclairée ne sera pas votre alliée. En effet, plus le projecteur est éloigné du mur ou de l’écran de projection, plus la luminosité de l’image sera impactée. De même, si la pièce est entourée de fenêtres, il faudra impérativement penser à fermer les rideaux en journée, ou se contenter d’une image délavée et à peine visible. Si le procédé de diffusion est différent d’un cinéma traditionnel, le résultat est le même: plus la pièce est sombre, plus l’image sera de meilleure qualité. C’est là qu’interviennent les lumens, une unité photométrique qui permet de définir la puissance de la lampe. Si vous êtes à la recherche d’un projecteur pour remplacer votre télévision, il est impératif de choisir un appareil capable d’atteindre les 1.500 lumens. Dans une pièce plus exposée à la lumière, 2.000 lumens au minimum seront nécessaires pour profiter de votre projecteur en journée. Ensuite, il faudra penser aux dimensions de votre pièce. Pour savoir si le projecteur correspond à votre habitation, vous aurez besoin de connaître le rapport de projection. Celui-ci se calcule en divisant la distance entre l’écran et le vidéoprojecteur par la largeur de l’image. Notons qu’il existe une multitude de calculateurs en ligne qui permettent de déterminer la taille de l’écran en fonction du recul du projecteur. Si votre pièce n’offre pas le recul nécessaire, mieux vaut se tourner vers un projecteur à focale courte, ou un rétroprojecteur, qui une fois placé à moins de 50 centimètres de l’écran, permettra d’obtenir une image bien plus grande qu’un téléviseur classique. Cette différence d’intensité lumineuse entre les parties les plus sombres et les plus claires de l’image est essentielle pour profiter d’un rendu plus profond et moins “gris”. À partir d’un contraste de 800:1, les zones noires de l’image seront suffisamment sombres pour une projection dans une petite pièce. Cependant, pour profiter d’un rendu plus qualitatif, un contraste minimal de 2000:1 est conseillé afin d’obtenir des noirs plus dark.

Le silence est d’or

La qualité du mur, et surtout de la toile de projection, vous aidera également à obtenir une meilleure image. Trois facteurs joueront un rôle important dans le choix de votre toile: le niveau de lumière ambiante, les performances du projecteur et sa position. Ces variables doivent s’accorder entre elles afin de créer une image optimale. À vous de déterminer le gain nécessaire, qui réfléchira la lumière émise par le projecteur de façon plus ou moins intense. Les professionnels préconiseront une toile avec un gain de 1, pour un projecteur de 1.000 à 2.000 lumens. Pour une projection en journée, on préconisera une toile à haut gain, à hauteur de 2,4. Enfin, si vous ne souhaitez pas investir dans une toile, vous pouvez également peindre votre mur (lisse et sans défauts, de préférence) avec un revêtement adapté à la vidéoprojection. Ces peintures spécifiques offrent un rendu à la fois mat et réflectif, idéal pour optimiser les ratios de contraste et de luminosité des vidéoprojecteurs. De quoi réaliser un écran sur mesure à moindres frais. Parmi les derniers facteurs à prendre en compte avant l’achat, il y a le bruit du projecteur. La ventilation émise par l’appareil affectera votre confort de vision. C’est pourquoi il est conseillé d’opter pour un projecteur ne dépassant pas les 40 décibels. Un appareil se situant entre les 25 dB et les 35 dB sera idéal dans une pièce de taille normale. Couplé à un bon système Home Cinema (un achat à envisager pour ne pas se limiter aux haut-parleurs de faible qualité intégrés au projecteur), le son de votre film ou de votre série sera suffisant pour couvrir le bruit de la ventilation. Vient ensuite la question du positionnement du projecteur. Il est parfois impossible d’installer le projecteur en face du mur de projection, c’est pourquoi certains modèles proposent deux outils très pratiques pour corriger l’image: le lens shift et la correction du trapèze. Le lens shift permet de décaler l’image, de haut en bas et de gauche à droite, sans la déformer. Et la correction du trapèze permet de corriger l’angle de projection, si l’appareil n’est pas dans l’axe du mur ou de la toile. Une correction numérique est alors appliquée à l’image, en compressant les pixels, donnant l’illusion d’une image parfaitement rectangulaire. Pour terminer, veillez à choisir un projecteur qui offrira les connectiques nécessaires à vos besoins (avec suffisamment d’entrées HDMI pour connecter vos box, lecteur Blu-ray, consoles et autres appareils). Voire, dans le meilleur des cas, à envisager une diffusion sans fil. Certains modèles, notamment chez BenQ, permettent ainsi d’éviter les fils en combinant une base émettrice, sur laquelle sont connectées vos sources vidéo, et un récepteur, directement branché au projecteur.

Notre selection

Projecteur DLP BenQ W2000 - 849 euros
Comme souvent chez BenQ, le rapport qualité-prix est idéal pour se lancer dans l’aventure et délaisser (définitivement?) les téléviseurs. Le modèle W2000 (et sa version améliorée, W2000+) a la particularité d’offrir une compatibilité avec le kit sans fil de la marque. Vous profitez ainsi d’une image parfaitement calibrée pour les films (grâce à une très bonne colorimétrie par défaut), d’un excellent contraste et d’une luminosité élevée (2.200 lumens), sans devoir passer des câbles HDMI à travers votre salon. Du côté des points faibles, on notera un bruit légèrement élevé et un lens shift limité. Mais le prix permet de faire passer la pilule.

Projecteur LCD Epson EH-TW5600 - 629 euros
Avec ses 2.500 lumens et son taux de contraste élevé (35.000:1), ce projecteur parviendra à convaincre les accros aux téléviseurs, réticents à l’idée de se plonger systématiquement dans le noir pour profiter d’une image correcte. Du côté de l’installation, ce modèle permet un positionnement de côté, grâce à son puissant lens shift et sa correction verticale et horizontale du trapèze, sans perte de qualité. Avec sa compatibilité 3D, ce projecteur s’adaptera à la fois à du contenu cinéma, mais également gaming et sport. Le tout en proposant une image pouvant atteindre les 300 pouces.

Projecteur à focale courte ViewSonic PX800HD - Entre 1.200 et 1.300 euros
Tout comme le modèle de BenQ, ce projecteur offre une qualité d’image parfaitement contrastée et calibrée, mais avec une focale ultra-courte qui permet d’obtenir une grande image en plaçant l’appareil à une dizaine de centimètres de l’écran. Le bruit est élevé par rapport à la concurrence (entre 37 et 40,5 dB) et l’absence de zoom optique oblige à repositionner le projecteur pour adapter la largeur de l’écran. Mais outre ces quelques défauts, ce modèle a de quoi séduire les fans de cinéma ne disposant pas de suffisamment de recul pour une installation classique.

Picoprojecteur Philips PicoPix - À partir de 199 euros
Parfait pour un kot étudiant ou une chambre, le picoprojecteur est, comme son nom l’indique, une version miniature d’un projecteur classique. Facilement transportable, il fonctionne généralement sur batterie et offre une connectique qui va à l’essentiel. L’idée ici n’est pas d’obtenir une image digne d’une salle de cinéma, mais bien d’élargir la taille d’un écran (souvent d’ordinateur), sans pour autant sacrifier la qualité. Plusieurs constructeurs se sont lancés sur ce marché, comme Vivitek, LG ou Acer. Mais les PicoPix de Philips (comme le PicoPix Go ou le nouveau PicoPix Max) offrent un bon compromis entre transportabilité, connectique et qualité de l’image.

 

 

 

 

Plus de Tendances

Les plus lus