Comment protéger sa santé mentale à l’heure du coronavirus

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Le covid-19 a plongé le monde entier dans une incertitude particulièrement angoissante pour certains. Ne pas céder à la panique est plus facile à dire qu’à faire. 

Comme le coronavirus, la panique est, elle aussi, contagieuse. Celles et ceux qui prennent d’assaut les supermarchés pour construire une forteresse de papier toilette le font, en partie, parce que d’autres l’ont fait avant eux. Être préoccupé par la situation sanitaire actuelle, dans un climat anxiogène où le président français répète que “nous sommes en guerre”, est aussi tout à fait compréhensible. Mais chez certains, cela peut prendre le pas sur tout le reste, voire aggraver des problèmes de santé mentale déjà existants.

C’est le cas de Géraldine, 26 ans. “Il m’est impossible de rationaliser”, confie celle qui souffre d’anxiété depuis toujours. “Dans la situation actuelle, je n’attends qu’une seule chose : c’est le lockdown total". Stressée pour ses parents plus que pour elle-même, la jeune femme confinée dans son appartement avec ses deux colocataires n’arrive pas à sortir son nez des informations. “Je suis malade depuis que j’ai commencé à n’avoir plus que ça en tête”, ajoute-t-elle, angoissée à l’idée de rester enfermée chez elle.

Béatrice, 59 ans, se dit qu’elle a au moins de la chance, elle, d’avoir un jardin. Cette mère de cinq enfants est en télétravail depuis mardi passé. “Je n’ai pas envie d’être en contact avec les gens”, lance-t-elle. Le télétravail fut son choix après avoir appris qu’une de ses collègues allait rentrer de France, où le coronavirus a déjà contaminé plus de 6.000 personnes. “C’est là que j’ai commencé à avoir peur”, confie-t-elle, inquiète pour sa propre mère âgée de 80 ans, qui vit seule avec son chien. “J’ai peur qu’elle l’attrape, qu’elle déprime. Elle tousse beaucoup pour l’instant, on surveille cela de près. Comme je ne veux prendre aucun risque, je ne vais plus la voir, mais je lui téléphone matin, midi et soir”. Les deux femmes ont adopté le même réflexe : prendre sa température tous les jours. “Cela n’a aucun sens, elle n’augmente pas d’un millième”, explique Géraldine qui ne peut cependant pas s’en empêcher.

Dans un contexte de pandémie, toutes ces manifestations reliées au stress, à l’anxiété ou encore à la déprime sont normales. La peur se propage presque plus vite que le coronavirus lui-même. Face à cette situation exceptionnelle, comment peut-on protéger sa santé mentale ?

S’informer intelligemment

Une pause dans l'actualité pourrait faire le plus grand bien. Si se tenir informé est important, il n’est pas nécessaire de passer sa journée à la recherche du dernier bilan, tant que l’épidémie est en pleine croissance. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande ainsi d’éviter tout simplement de regarder, lire ou écouter des informations qui pourraient vous rendre anxieux. Les seules nouvelles indispensables sont les mesures concrètes à prendre pour se protéger soi-même, et les autres. Il est préférable de rechercher les mises à jour d'informations auprès de sources fiables uniquement et à des heures fixes une ou deux fois par jour. “Le flux soudain et presque constant de nouvelles sur une épidémie peut inquiéter n’importe qui”, explique l’OMS. “Obtenez les faits, pas les rumeurs et la désinformation.”

Maintenir des interactions humaines

Rester chez soi et éviter tout contact social, on ne le répétera jamais assez. Ne voir que les mêmes personnes ou pire personne ne doit pas vous empêcher de communiquer avec des proches et des amis. Au contraire, “le maintien de liens solides vous aidera à vous sentir soutenu et entouré de positivité et d'une bonne énergie”, conseille auprès de The Independent Gerard Barnes, CEO de Smart TMS, une entreprise britannique spécialisée dans la santé mentale.

Parler de l’épidémie avec vos proches peut également être bénéfique, selon l’expert. “Pouvoir discuter de la problématique et peut-être faire des blagues à ce sujet vous aidera à vous sentir plus à l’aise et à surmonter l’anxiété que vous pouvez ressentir face à la menace.

Faire une détox digitale

S’ils sont un bon moyen pour garder contact avec ses proches, les réseaux sociaux peuvent également être toxiques. Écartez-vous des écrans pour vous adonner à des activités apaisantes : dessiner, méditer, prendre un bain chaud. Ou des activités stimulantes : lire, écouter des podcasts en cuisinant, faire des puzzles avec les enfants. Pratiquer une activité physique permet également d’évacuer le stress et d’éliminer les tensions.

Écouter ses émotions

La peur est une émotion normale et légitime. Il faut la reconnaître et l’accepter, plutôt que l’ignorer. Respirez, sentez comment le souffle traverse votre corps, de la tête aux pieds pour vous recentrer sur le présent et souvenez-vous que l’anxiété n’est pas permanente. Comme le préconise The Guardian, “la tendance à toujours penser au pire des cas reflète très rarement la réalité. Soyez bienveillant envers vous-même”.

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