Pandémie

Combien de temps le Covid-19 perdure-t-il dans l’environnement?

Une étude américaine jette un regard nouveau sur la persistance du Covid-19 sur diverses surfaces et dans l’air. Elle permet de donner plusieurs indices sur la capacité du coronavirus à se répandre autrement que par contact humain.

Pour de nombreuses personnes, cela est presque devenu un réflexe : avec la pandémie de Covid-19, elles se lavent les mains dès qu’elles passent par un espace public. Le danger semble être partout. Chaque barre touchée dans le métro est perçue comme un potentiel vecteur de contamination.

Mais quelle est l’espérance de vie du coronavirus sur cette fameuse barre ? Jusqu’ici, peu de données permettaient de le savoir. La communauté scientifique se risquait à dire que le Covid-19 pouvait persister jusqu’à neuf jours dans l’environnement, sans certitude. Une étude apporte désormais un nouvel éclairage sur la question. Rendue publique le 10 mars sur le site "medRxiv", avant publication dans le « New England Journal of Medicine », elle précise l’espérance de vie variable du virus en-dehors du corps humain.

Un virus qui aime les plastiques

Selon l’équipe de la docteure Neeltje van Doremalen du National Institutes of Health (NIH), le type de surface sur lequel se dépose le Covid-19 joue un rôle très important. Sur le cuivre, il ne tiendrait que quatre heures. Avec du carton, il bénéficie d’une durée de vie de 24 heures maximum, sachant qu’en huit heures il a déjà presque disparu. Sur de l’inox ou de l’acier (comme sur les boîtes de conserve, les poignées de porte…), sa présence est très faible après 24 heures mais il peut rester à l’état résiduel jusqu’à deux fois plus longtemps. Enfin, les plastiques représentent la surface la plus hospitalière avec une survie maximum de 72 heures (48 heures pour une majorité des cas).

Évidemment, la surface ne fait pas tout. L’espérance de vie du Covid-19 dépend aussi d’autres critères comme la température, le taux d'humidité et sa concentration. Tous ces éléments permettent aux auteurs de l’étude d’inviter à « désinfecter et nettoyer les surfaces partagées, se laver les mains fréquemment et ne pas toucher son visage » sans oublier l’éloignement social. Malgré tout, les objets ne seraient pas plus vecteurs de contamination que lors de l’épidémie de SRAS de 2002-2003.

Quant à la survie du Covid-19 dans les aérosols en suspension dans l’air, elle serait de trois heures au maximum. Mais attention, il s’agit ici d’un plafond qui ne se produit que dans des cas exceptionnels. « Ils ne peuvent être produits que dans des circonstances très spécifiques lors de certaines procédures médicales », précise la docteure Angela Rasmussen qui a décortiqué l’étude sur Twitter pour le public. Autrement dit, le virus ne se balade pas tranquillement dans l’air en temps normal.

Quel bilan en tirer ?

Il faut préciser que cette étude ne concerne que le potentiel de survie du virus, pas celui de contamination. Sur ce point, le consensus scientifique reste que c’est le contact entre humains, via les mains et les expectorations, qui constitue la principale cause, d’où l’importance des règles d’hygiène.

Cela n’empêche pas de noter comment éradiquer le Covid-19 des surfaces contaminées. Selon Juan Leon, spécialiste de sciences environnementales à l'université Emory, l’eau de Javel et le savon permettent de le vulnérabiliser en dissolvant sa couche de graisse protectrice. À l’extérieur des bâtiments, les ultraviolets solaires suffisent à le neutraliser.

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