Coronavirus : "Chaque jour de fermeture, on perd 15 à 20.000 euros"

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Le secteur culturel est fortement touché par la crise sanitaire. Kurt Overbergh, programmateur à l'Ancienne Belgique, nous explique en quoi le Covid-19 grippe son business.

Salle de concerts la plus réputée du Royaume, l'Ancienne Belgique a fermé ses portes le 11 mars dernier. Celles-ci ne devraient pas rouvrir avant le 3 avril... Et probablement plus tard encore, pandémie de coronavirus oblige. Qu'est-ce que cela implique, concrètement ? Explications avec le programmateur de l'AB Kurt Overbergh.

Les assurances jouent-elles dans un cas comme celui-ci ?

Non, c'est comme quand tu prends un avion. On a beau avoir une assurance annulation, on n'est pas assuré contre les pandémies. Toutes les annulations sont à nos frais.

L'idée, c'est donc de reporter le plus de concerts ?

Voilà. Entre le 11 mars et le 3 avril, ce sont 50 événements que nous devons reporter. Des concerts, pour la plupart, mais aussi des événements plus petits comme des rencontres, Q&A... Il n'y a pas de soucis quand il s'agit d'artistes belges. On trouve facilement une nouvelle date ensemble. Mais quand il s'agit d'artistes internationaux, c'est autre chose, parce que c'est toute la tournée européenne de l'artiste qui doit être reportée. Il faut donc trouver un créneau en commun avec Amsterdam, Paris, Berlin... L'autre problème, c'est que notre programme de l'automne est déjà complet. Il n'y a que la première semaine de septembre de libre. On peut éventuellement essayer de déplacer à l'été, mais alors, on entre en concurrence avec les festivals, ce n'est pas l'idéal.

Des aides sont-elles prévues de la part de la Communauté flamande ou de la VGC (Commission communautaire flamande de la région bruxelloise) ?

Pas pour le moment et il n'y en a pas de prévue. Comme vous le savez, notre gouvernement flamand est peu favorable à la culture. La VGC a même réduit nos subsides de 100%. On n'en reçoit plus de leur part.

Pouvez-vous déjà évaluer les pertes que ce lock down va entraîner pour l'AB ?

Chaque jour de fermeture, on perd 15-20.000 euros. Après les attentats, on avait dû fermer dix jours et on avait perdu 200.000 euros. Ca a pris deux ans pour remettre les finances à plat. Et on a eu de bonnes années, avec de nombreux sold out. C'est le point positif, on a des réserves, c'est loin d'être le cas de tous les opérateurs culturels. L'Ancienne Belgique peut tenir trois semaines ou cinq semaines comme ça va probablement être le cas. Au-delà, ce sera un fiasco. Et en sortant de là, on ne pourra pas se permettre de programmer des choses risquées pendant un moment. On va être obligé de faire une programmation qui assure de remplir les salles pour renflouer les caisses.

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