Coronavirus: les maisons de retraite s’adaptent mais redoutent l’avenir

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La pandémie actuelle bouleverse l’organisation des homes pour personnes âgées. Les contrôles sont scrupuleusement respectés. Mais si ce confinement perdure, la situation devrait devenir de plus en plus compliquée à gérer.

Plus le Covid-19 se répand et plus une crainte grandit, celle de se retrouver en quarantaine. Toute une partie de la population vit pourtant déjà confinée depuis la semaine dernière : les personnes âgées. Barricadées dans leurs résidences, les seniors voient leurs contacts avec le monde extérieur de plus en plus réduits car le risque de contracter une forme grave de la maladie liée au coronavirus est trop grand pour eux. Les maisons de retraite prennent donc des mesures draconiennes pour éviter tout risque de propagation.

Quelques ajustements dans la vie du home

À la résidence Alizé à Auderghem, par exemple, on met ainsi tout en place pour que la vie continue le plus normalement possible. Mais aucun résident n’a manqué de remarquer le signe le plus concret de ces mesures de confinement : la porte d’entrée, fermée à double tour. « C’est pour être sûr que l’on ne se sorte pas sans autorisation, de peur que l’on ramène le coronavirus avec nous. Nous sommes donc sages et nous obéissons », assure Henri, une des personnes logées dans la maison de retraite.

Cette entrée devient tout un symbole. Elle protège autant qu’elle isole, notamment des proches. Cela empêche notamment Jeanine, une autre résidente, de voir directement sa fille. Si elle veut ne serait-ce que lui donner de la lessive, elle doit passer par des moyens détournés. « Je mets mes affaires dans un sac et ensuite, le personnel se charge de transmettre à ma fille. Ce n’est plus qu’à travers les vitres que je peux lui faire signe. C’est un peu comme si nous étions sourdes-muettes, ça fait un peu bizarre. Mais pour l’instant, ça va », dit-elle.

Cette quarantaine n’empêche cependant pas les résidents de prendre l’air. Le personnel repère les moments où la rue est calme et les laisse sortir un peu, le temps de se dégourdir un minimum. « La différence par rapport à avant, c’est que la personne qui nous accompagne dehors fait attention à ce que nous n’embrassions pas les voisins. Nous ne pouvons pas non plus parler aux personnes complètement étrangères à la maison de retraite. Nous sommes bien surveillés », note Jeanine. « La liberté, on l’a, mais il faut prendre des précautions », précise son colocataire qui se conforme comme tout le monde au lavage des mains après chaque sortie.

Le véritable défi : l’absence des proches

Le seul moyen pour garder un véritable contact avec le monde extérieur, c’est le téléphone. « Nos proches nous appellent pour prendre des nouvelles et la vie continue. Ils savent que nous sommes entre de bonnes mains », rassure Henri. « On a même de la chance par rapport à eux parce que tous les restaurants sont fermés mais le nôtre pas », blague ensuite Jeanine.

Malgré cette apparente bonne ambiance, tout n’est pas rose pour autant. Selon la directrice de l’établissement, les proches s’inquiètent beaucoup : « S’ils comprennent ces restrictions, ils sont fort anxieux. Ils redoutent qu’il se passe quelque chose et qu’ils ne puissent pas leur dire au revoir. C’est un sentiment que nous constatons de plus en plus et nous recevons beaucoup de coups de fil pour prendre des nouvelles ». Dans cette optique, elle prévoit d’organiser un appel Skype avec les familles, question d’avoir un contact visuel et non plus seulement auditif.

« Mais cela va devenir difficile ces prochains jours, surtout que nous ne savons pas comment la situation va évoluer. Pour l’instant, tout va bien parce que c’est un phénomène nouveau mais je crois que le manque de contact va se faire sentir sous peu. Cela va devenir difficile à gérer, j’en suis persuadée. Mais nous n’avons pas d’autres possibilités. Nous devons faire au jour le jour », conclut la directrice.

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