Fermeture des cafés, restos et discothèques : « un coup de massue »

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Si la fermeture des écoles par le Conseil National de Sécurité était attendue, celle des cafés, restaurants et discothèques l'était beaucoup moins. Dans le secteur Horeca, on comprend ce genre de mesure, mais on ne l'attendait pas si tôt.

Ce jeudi soir, après de longues heures d'attente, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) a fait part des nouvelles mesures prises par le Conseil National de Sécurité pour faire face à l'épidémie du Coronavirus COVID-19 et surtout, ralentir sa propagation. Parmi ces décisions, une a particulièrement surpris : la fermeture, jusqu'au 3 avril, des cafés, bars, restaurants et discothèques et ce, dès ce samedi 14 mars. Un secteur où tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Pour certains, cette décision peut faire très mal.

« C'est un coup de massue », commente Jean-Louis Mathy, président de la Fédération Horeca Namur & Brabant wallon. L'ancien chef du « Castel », à Fosses-la-Ville, est étonné que ce genre de précautions soient prises si rapidement. « On s'attendait à de telles dispositions mais pas aussi vite. Mais bon, aux grands maux, les grands remèdes comme on dit. Mais de cette façon, au pied levé, ça va faire mal à tout le monde ! »

Les conséquences seront encore plus importantes pour les établissements qui ont déjà fait des provisions. « On ne fait pas ses achats ou sa mise en place la veille ! Les trois-quarts vont partir à la poubelle. Étant donné qu'on peut encore ouvrir ce vendredi soir, je m'attendais à une explosion des réservations, mais c'est plutôt l'inverse, les gens annulent. »

Takeaway et livraisons autorisés

La situation devrait être plus facile à supporter pour les établissements au faible nombre de couverts, et donc, forcément de collaborateurs. « Nous n'employons qu'une personne, qui passera au chômage technique. Pour ce qui est du gaspillage, il me reste tout juste de quoi assurer le service de ce soir et ne commanderai rien pour la semaine prochaine », explique Mathieu Chalmagne, chef et gérant de La Table, à Ciney, un resto bistronomique pouvant accueillir une quinzaine de convives tout au plus. « Les plus gros établissements sont sûrement bien plus impactés que nous. »

C'est notamment le cas de The Huggy's Bar, chaîne liégeoise d'une dizaine de restaurants spécialisés dans les burgers. « Nous sommes encore une jeune société qui se bat pour sa rentabilité. Ça ne va pas être facile », explique Thomas Mémurlin, co-fondateur. « On est toujours en train d'analyser la situation, afin de s'organiser au mieux. »

Cette nuit, Maggie de Block, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a tenu à rassurer le secteur Horeca : « les commandes à emporter et les livraisons sont entre temps toujours possibles », « On va fermer tous nos restaurants, sauf un à Bruxelles et un à Liège pour assurer les livraisons Deliveroo », poursuit Thomas Mémurlin. « On préfère ne pas proposer de takeaway parce que cela risque d'être compliqué à gérer. Si 15-20 personnes font la file, ça serait contre-productif par rapport aux mesures sanitaires. »

Beaucoup d'événements annulés

Du côté des cafés et discothèques, la pilule est difficile à avaler également. « Ça a été un choc pour tout le monde », indique Aldo Martinez, de l'équipe des Halles St-Géry, dans le centre de Bruxelles. Ce lieu historique fait office de bar mais accueille également des soirées. « C'est une catastrophe pour le Café des Halles. 3 semaines sans rentrées financières, cela va être difficile d'encaisser le coup. Mais nous comprenons les enjeux et on met tout en ordre avec notre personnel pour que cela se passe au mieux.»

Et côté événements, ces mesures sanitaires tombent au mauvais moment pour l'institution bruxelloise. « Mars, c'est notre plus gros mois. Cela fait trois jours que nous sommes en train de tout annuler, notamment les soirées pour le Listen Festival, qui est reporté. »

Nos interlocuteurs espèrent que le Fédéral pourra les aider durant cette passe difficile. Tous sont déjà contents des premières mesures annoncées. Pour pouvoir mieux s'en sortir, certains apprécieraient un gel des remboursements de crédit ou une annulation de la TVA pour la période.

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