Never Grow Old: et pour quelques Belges de plus

Teaser

De sortie ce mois-ci, pour l'heure en exclusivité à Bruxelles (au Kinograph), le western Never Grow Old surgit enfin sur grand écran, un an après sa sortie américaine et de longs mois après celle française.

Ce n'est pas un hasard si l'avant-première de cette coproduction entre cinq pays (Belgique, France, États-Unis, Irlande, et Italie), portée par l'Américain John Cusack (Dans la peau de John Malkovich), a été marquée par la présence de la plupart des comédiens belges du casting, Déborah François, Sam Louwyck, Manon Capelle et Camille Pistone venus défendre le film.

Certains films, même de facture tout à fait honnête, connaissent parfois des destins particuliers. Tourné durant l'automne ...2017, Never Grow Old, un sixième-long métrage tourné par un cinéaste irlandais (Ivan Kavanagh) en une quinzaine d'années, nous emmène en 1849, à l'époque de la ruée vers l'or californienne, plus exactement dans une bourgade où un croque-mort (Emile Hirsch, un autre Irlandais, vu récemment dans Once Upon a Time ...In Hollywood) vit dans des conditions modestes, aux côtés de son épouse (Déborah François) et ses deux enfants. Alors que la famille songe à quitter une localité où le travail se fait trop rare, un terrifiant hors-la-loi (John Cusack), épaulé de deux comparses marginaux (Sam Louwyck et Camille Pistone) débarque à son domicile, en vue de les manipuler pour mettre main basse sur cette petite ville, jusque là sous l'emprise d'un pasteur. Cette petite bande va alors semer la terreur, provoquant conflits et morts, permettant à notre brave fabriquant de cercueils de voir ses revenus grimper, de quoi assurer la survie des siens. Mais tant sa vie que sa conscience étant en jeu, ce dernier se retrouve alors dans une sorte de double-prise d'otage...

Porté par le charisme intact de Cusack, ce western est en fait né de la fascination d'un réalisateur pour ses ancêtres, soucieux de mieux saisir leur vécu. Dans une volonté de réalisme (extrême) et d'une recherche d'Amérique quasi-inédite au cinéma, Kavanagh a fourni un important travail de documentation, en s'inspirant de nombreux clichés de la moitié du XIXè siècle. Loin des images ensablées et lumineuses des grands classiques du genre qui ont contribué à souvent idéaliser ces années-là, c'est plutôt ici la boue, la pluie et la noirceur qui figurent au rendez-vous d'un récit authentique, envoûtant voire même violent, le film ayant été interdit aux moins de 12 ans dans certains pays. Mais celui-ci atteint bien sa cible, en livrant un témoignage rare sur ces premiers pèlerins. Quant au casting, inhabituel dans ce registre et - volontairement – hétéroclite, il se justifie par la diversité d'accents des pionniers européens de l'époque. Autour de la star américaine, ces acteurs convainquent – et en anglais, à commencer par la comédienne révélée par les Dardenne - davantage qu'un scénario tirant quelques fois en longueur. Ce qui n'ôte pas au film (qu'on retiendra presque comme un exercice de style) l'une ou l'autre scène d'anthologique. Difficile de ne pas épingler les décors de Marc Ridremont (Game of Thrones, Grace de Monaco...) et les costumes de Jackye Fauconnier (L'Étrange couleur des larmes de ton corps, Laissez bronzer les cadavres...), deux éléments-clés du film, on l'aura compris.

Coproduit par Iris (dont Marina Festre, artisane entre autres de les films d'Abel et Gordon) et Be TV dans des conditions climatiques paraît-il "insensées" – face à l'excès de gadoue sur le plateau, des bottes ont été offertes aux techniciens! -, ce Never Grow Old, dont une moitié de tournage a été reconstituée au Connemara en Irlande (pour l'église et le saloon) et une autre au Luxembourg (le cimetière et la maison) - sans que l'œil n'en soit jamais perturbé -, est par ailleurs interprété par le Britannique Danny Webb (Alien 3) et Anne Coesens (Duelles). Projeté une première fois le dernier jour de février au Kinograph donc, le film et sorti dans ce même cinéma ixellois ce 4 mars et y sera diffusé à deux reprises au moins, les 18 et 27 de ce mois. Et plus voire ailleurs, si affinités...

Never Grow Old, d'Ivan Kavanagh – long-métrage de fiction – 2019 - 100'


 

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