Qualité de l’air : la Wallonie satisfait l’UE. Pas vos poumons…

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Tandis que Bruxelles se félicite – un peu vite - de ses résultats en matière de pollution, où en est la Région wallonne?

C’est le coup de gueule de la journée : l’ONG ClientEarth dénonce ce 11 mars dans La Libre la politique du ministre bruxellois de l’Environnement, Alain Maron, pourtant membre du parti Ecolo. En cause, une déclaration de ce dernier estimant que Bruxelles respectait toutes les normes légales de pollution de l’air. ClientEarth met au contraire l’accent sur des « niveaux nocifs de pollution dans la capitale », même si la situation tend à s’améliorer. À ce propos, nous avions d’ailleurs publié un article il y a tout juste une semaine. Mais qu’est-ce qu’il en est en Wallonie ? Est-on sur la bonne voie pour limiter la pollution et quel est l’impact de celle-ci sur notre santé ? 

Une évolution notable et positive

Deux rapports peuvent aider à se faire une idée sur cette question : un de l’Agence wallonne de l’Air et du Climat (AWAC) de 2016 et un autre à l’échelle nationale de l’agence CELINE de 2018. De manière globale, l’évolution est positive. « Surtout pour les particules fines, on remarque une amélioration significative de la qualité de l’air ces dernières années, surtout si l’on revient 10-15 ans en arrière. On respecte actuellement les seuils européens, que ce soit pour le seuil annuel ou journalier pour les particules fines PM10 ou PM2.5 », note Philippe Maetz, collaborateur à l’AWAC. Pour presque tous les composants polluants, on note en 2018 des concentrations inférieures aux années précédentes, si ce n’est pour l’ozone.

Évidemment, cela dépend aussi du milieu local et de la période de l’année. Le sillon Sambre-et-Meuse est bien plus concerné et ce surtout en hiver et au printemps à cause des masses d’air présentes à ce moment-là. En 2016, les stations de mesure carolorégiennes ainsi que celles d’Engis figuraient parmi les plus affectées par la pollution aux particules fines. À l’autre bout du classement, on trouvait les stations de Dourbes, Sainte-Ode, Offagne et surtout Vielsam. Mais globalement, la Wallonie peut se féliciter de respecter la directive européenne sur cette pollution.

Une pollution encore dommageable pour la santé

Est-ce que pour autant, tout va bien dans le meilleur des mondes ? Pas vraiment. Selon Philippe Maetz, « il faut modérer ce constat par le fait que l’on est toujours loin de respecter les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui sont beaucoup plus strictes, de deux à dix fois plus que les seuils européens. Il n’y a que dans les zones rurales du sud que l’on respecte les normes annuelles de l’OMS pour les PM2.5 et PM10 ».

Les particules fines restent donc un problème de santé publique à cause de ses deux sources principales : le trafic automobile et l’activité domestique, notamment à cause du chauffage. « Il y a quand même un risque pour la santé, surtout que les normes de l’OMS ne sont pas des valeurs absolues. Elles sont considérées comme étant atteignables. Or, même avec ces seuils de particules fines, il y a quand même un impact important sur la santé. Il faudrait donc dans l’idéal aller encore plus bas que ces recommandations. Il ne faut pas oublier qu’à l’heure actuelle, on a encore environ 8.000-10.000 décès prématurés à cause des particules fines en Belgique », conclut Philippe Maetz.

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