Coronavirus: l'Italie réagit dans le chaos

Teaser

L'Italie est devenue le deuxième pays le plus touché par le Covid-19. Elle a pris ce week-end des mesures drastiques. Encore faut-il qu'elles soient suivies... 

À lire : notre dossier complet sur le Coronavirus

Les chiffres

A l'heure actuelle, on décompte 7.345 cas positifs au Covid-19 (soit près de 1.500 nouveaux cas en  un week-end) et 366 morts en Italie. La Lombardie est la région la plus impactée avec près de 4.000 cas et 267 morts, mais c'est tout le nord qui est touché. Selon les observateurs, le virus se déplace désormais vers le sud de la péninsule.

Parmi les personnes infectées, le chef du Parti Démocrate au gouvernement Nicola Zingaretti. « Sans aucun doute, un politicien rencontre et embrasse beaucoup de personnes », a indiqué le directeur du département des maladies contagieuses Giovanni Rezza au New York Times. « Il y a un risque de diffusion ». A noter que l'âge moyen des personnes décédées est de 81 ans. La population de l'Italie est la plus âgée du monde.

Des mesures drastiques... difficilement suivies

Avec une nette augmentation de personnes infectées ce week-end, le gouvernement de Giuseppe Conte a pris des mesures drastiques pour contenir l'épidémie. A savoir la mise en quarantaine de 15 millions d'Italiens, soit un quart de la population nationale, dans deux régions: la Lombardie et la Vénétie. Il s'agit de mesures inédites en Europe qui se rapprochent de ce que la Chine a fait dans la région de Wuhan.

Concrètement, en plus de la fermeture au niveau national des cinémas, théâtres, bibliothèques, musées, écoles et universités, le gouvernement Conte a déclaré les régions de Lombardie et de Vénétie « zones rouges » jusqu'au 3 avril au moins. En clair, ces régions sont isolées du reste du pays, les déplacements sont fortement limités. Ne seront possibles que les déplacements répondant à des "impératifs professionnels dûment vérifiés et à des situations d'urgence, pour des raisons de santé". Tous les événements publics ont été interdits, ce qui comprend les mariages, enterrements, concerts ou événements sportifs et religieux. Les discothèques sont fermées. Quant aux bars et restaurants, ils peuvent rester ouverts, mais de 6 heures du matin à 6 heures du soir uniquement et avec au moins un mètre séparant chaque table.

Problème, ces mesures ont fuité dans la presse avant d'être annoncées officiellement. Résultat, des milliers de Milanais se sont empressés de prendre le train pour éviter la quarantaine. Des images qui tranchent avec la situation chinoise où la population, surveillée à la trace, n'a pas bronché face aux mesures d'isolement. Or, dans un entretien au Corriere della sera, le chef de l'unité des soins intensifs de Lombardie Antonio Pesenti a déclaré que « si la population ne comprend pas qu'elle doit restée cloîtrée chez elle, la situation va devenir catastrophique ».

Des moyens insuffisants

Toujours selon Antonio Pensenti, le système de santé de Lombardie, considéré comme le plus performant d'Italie, est « au bord de l'effondrement ». Même si tous les hôpitaux de la région sont désormais dédiés au coronavirus (les patients atteints d'une autre maladie sont transférés dans des régions voisines), ils manquent de lits, de masques et de médicaments. A tel point que les soins intensifs sont donnés dans les couloirs des hôpitaux et que les médecins sont obligés de choisir qui soigner en priorité. Le gouvernement italien a acheté 22 millions de masques pour faire face à la pénurie, mais ceux-ci n'arriveront qu'entre le 12 mars et le 30 avril...

Les conséquences économiques

En plus de la crise sanitaire, l'Italie craint une crise économique. L'économie du pays était déjà fragile, mais avec la région de Milan (qui compte pour 20% de la richesse nationale) et de Venise (ville qui accueille plus de 20 millions de touristes par an, générant 1,5 milliard d'euros) à l'arrêt (bien qu'aucune mesure officielle n'ait été prise concernant les entreprises), elle risque de s'effondrer. Le gouvernement va débourser 7,5 milliards d'euros pour lutter contre l'épidémie et soutenir l'économie.

Le coup de gueule de Balotelli

Le footballeur Mario Balotelli n'en est pas à son premier coup de gueule. Mais celui-ci pourrait se faire entendre, dans le pays du football. L'attaquant de Brescia a fustigé le maintien des matchs de Serie A malgré la propagation du virus... et l'appel du ministre des sports à suspendre le championnat.

Sur Instagram, Balotelli a répondu aux supporteurs minimisant les risques : « Arrêtez de m’écrire des conneries comme: vous êtes protégés! Qu’est-ce que ça change de jouer ou non? À huis clos, il ne vous arrivera rien ! (…) J’AIME LE FOOTBALL PLUS QUE VOUS,  mais jouer signifie voyager en bus, en train, en avion, dormir à l’hôtel, entrer en contact avec d’autres personnes en dehors de votre club. Je ne vois déjà pas mes enfants en raison de ce satané coronavirus parce que, comme vous le savez, ils vivent en Lombardie. C’est déjà angoissant et triste pour moi ». « Arrêter le football est la chose la plus utile pour notre pays actuellement », a-t-il dit.

Les conseils de la nonna

Dans cette situation chaotique, rien de tel que d'écouter la nonna ! Dans une vidéo, une dame remet un peu de raison dans tout ce chaos en expliquant les choses comme il se doit : se laver les mains, éternuer dans sa manche... Mais aussi cesser toute discrimination : « Le coronavirus va passer, la discrimination reste ». Quant à la quarantaine, « profitez-en pour vous reposer et regarder des séries. Moi, je vais faire du ragu pour tout le monde! ». Et elle termine : « Nous sommes une famille, il faut s'entraider. Vous venez du nord, je vous envoie un paquet de ragu. Vous êtes migrant, je vous envoie un paquet. Chinois... Je plaisante ! C'est carnaval, deux paquets pour vous ! »

 

 

 

 

Plus de Actu

Notre Selection