Migrants en Grèce: à quoi sert l'agence européenne Frontex  ?

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20.000 personnes sont cantonnées à la frontière greco-turque où la tension est à son comble. L'Europe apporte son soutien à la Grèce via l'agence Frontex. Quel est son rôle  ?

L'agence Frontex doit, en plus de 700.000 euros, amener un arsenal comprenant un navire « offshore », six bateaux de patrouille de gardes-côtes, deux hélicoptères, un avion, trois véhicules à thermovision et 100 officiers en plus des 530 actuellement déployés. A quelles fins  ?

Qu'est-ce que Frontex  ?

L'Agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières, communément appelée Frontex pour «  frontières extérieures  » est née en 2016 des cendres d'une précédente Frontex, celle pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union, née, elle, en 2004.

Comme son nom le laisse suggérer, le rôle de Frontex est de protéger les frontières extérieures de l'Union européenne. De quoi  ? Du terrorisme, du trafic de drogues, d'armes, de faux papiers, de contrefaçons et, aussi, de la migration illégale. Pour d'aucuns, il s'agit d'un embryon de police fédérale aux frontières de l'Union. Même si on en est encore loin du point de vue des moyens déployés.

Pourtant, les années qui viennent vont voir Frontex se développer et ses moyens augmenter. C'est le vœu de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. D'ici à 2027, l'agence, basée à Varsovie, devrait augmenter sensiblement ses effectifs qui vont passer de 1.300 permanents à 10.000. Pour l'instant, ce sont surtout les Etats membres qui mettent matériel et effectifs à disposition de l'agence européenne.

 

L'opération grecque, appelée « opération Poséidon », est destinée à aider les autorités grecques « à gérer l'afflux migratoire et à mettre en place et gérer les infrastructures nécessaires ». De fait, Frontex est là pour aider les Etats membres, elle ne décide de rien, n'a aucun commandement direct.

Concrètement, il s'agit de surveiller la frontière, aider à l'identification et à l'enregistrement de migrants entrant, collecter des informations sur les passeurs et autres trafiquants (informations transmises ensuite à Europol), de coordonner les opérations de renvois de migrants et, aussi, de sauver des vies en mer - le droit international obligeant tous les navires à fournir une assistance aux personnes en détresse en mer.

Car au centre de cette activité de protection, il y a aussi la question des droits humains inscrite dans la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne... D'autant que l'idée est que les agents de Frontex soient bientôt armés. Or, Frontex avait été critiquée en août dernier pour avoir fermé les yeux sur des actes commis sur des migrants par des gardes-frontières bulgares, hongrois et grecs. Aujourd'hui, la Turquie rapporte que les policiers grecs tirent à balles réelles sur les migrants essayant de passer la frontière - ce que le gouvernement grec a immédiatement démenti. Un journaliste de l'AFP rapporte cependant qu'un migrant a été blessé par balle à la jambe d'un tir qui venait du côté grec.

Que peuvent faire les agents de Frontex lorsqu'ils sont témoins d'actes contraires aux droits fondamentaux? Pour l'instant pas grand-chose, sinon suivre les paroles du président du Conseil européen Charles Michel qui a assuré son « plein soutien aux efforts de la Grèce pour protéger les frontières de l’Union européenne ».

 

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