Coronavirus : où en est-on en Belgique?

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Chez nous, le risque reste faible à modéré. Pourtant, la panique est palpable et certaines réactions politiques ou du monde médical ne rassurent pas.

Un mois après que l’OMS a qualifié le Codiv-19 d’“urgence de santé publique de portée internationale”, le coronavirus n’a pas encore révélé tous ses secrets. Sur base des premières observations, les spécialistes estiment que le risque de présenter des symptômes “sévères”, telles une forte fièvre et des difficultés respiratoires nécessitant une hospitalisation, n’est que de 20 % parmi les personnes contaminées. Par mesure de précaution, la Belgique est passée en “phase 2” du plan de gestion de risques du SPF Santé publique, sur une échelle de 3.

En pratique, la totalité des patients “positifs” sont mis à l’isolement dans un hôpital de référence, à Saint-Pierre ou au CHU d’Anvers. Ce lundi 2 mars, la Belgique a enregistré huit personnes infectées. Sans mesures de précaution plus drastiques qu’avec la grippe, Philippe Devos, le président du syndicat des médecins Absym, estime que 850.000 personnes pourraient à terme être infectées en Belgique, dont 52.000 auraient besoin de soins intensifs.

De manière globale, le taux de mortalité serait de 2 à 3 %. La grippe saisonnière tue 1.000 malades par an en Belgique, soit un taux de 0,5 à 1 %. C’est logiquement auprès des publics les plus fragilisés (seniors, nouveau-nés, femmes enceintes, malades, etc.) que le coronavirus fait le plus dégât, avec un taux de mortalité dépassant les 6 %. Jusqu’ici, 93,5 % des personnes décédées dans le monde avaient plus de 50 ans.
L’Europe, malgré le cas particulier du nord de l’Italie, est jusqu’ici relativement épargnée.

Les experts considèrent “faible à modéré” le “risque imminent de rapide propagation du virus à l’ensemble de l’UE”. La situation doit évidemment être réévaluée régulièrement. En attendant, des milliers de chercheurs s’activent pour dégoter un vaccin. Selon l’Institut Pasteur, en France, cela prendrait 18 mois.

L’absence d’informations et leur manque de précisions ne rassurent évidemment pas. L’OMS a confirmé qu’il était “certain” qu’il existe un taux de personnes contaminées par le virus qui ne sont pas diagnostiquées. Si l’information reste parcellaire, c’est avant tout parce que le Codiv-19 est nouveau. De leur côté, certains médecins dénoncent le manque de clarté dans les procédures à suivre si un patient présente les symptômes. De plus, comme les pharmaciens, les généralistes se disent débordés par les questions de citoyens inquiets.

À Woluwe-Saint-Lambert, par ailleurs, le bourgmestre Olivier Maingain a été le premier ce week-end à prendre un arrêté de police interdisant l’accès aux écoles, aux crèches, aux maisons de repos, etc. aux citoyens revenant d’un voyage dans une zone à haut risque pendant 14 jours. Selon la ministre de la Santé Maggie de Block, en conférence de presse, il faut “éviter les réflexes de panique et les mesures disproportionnées” de ce genre. Tout en confirmant que “le risque que le virus atteigne la Belgique est réel”.

Inquiétudes à l'école

En France, 2.000 enfants n’ont pas repris l’école à la rentrée, selon le ministère de l’Éducation nationale… S’il faut évidemment relativiser ce chiffre qu’on ne constate pas en Belgique, il faut aussi avancer avec prudence et objectivité. Chez nous, la ministre de l’Éducation, Caroline Désir, n’a à ce stade donné aucune consigne spécifique, si ce n’est celles du ministère de la Santé publique. Seul un courrier venu de l’ONE établit trois conseils. Premièrement, l’enfant qui ne présente aucun symptôme peut être accueilli en classe. Deuxièmement, l’enfant doit rester à la maison si un parent est contaminé. Troisièmement, si l’enfant revient d’une zone à risque, mieux vaut qu’il reste chez lui. À l’initiative des directions, plusieurs voyages scolaires, prévus notamment en Italie, ont été annulés.

Les mises en quarantaine, efficaces?

Les témoignages ces derniers jours des personnes confinées dans des hôtels, ou à domicile, mais qui n’ont pas été diagnostiquées positives au Covid-19, interpellent… Dans certains cas, elles ont accès à des zones communes et des espaces extérieurs, dans d’autres elles ne peuvent pas sortir de leur chambre. Sur la RTBF, Natasha, une Belge sur la Costa Adeje de Tenerife, expliquait: “Des masques sont distribués à la réception de l’hôtel, mais une grande majorité des touristes circule sans en porter. Les abords de la piscine sont fréquentés comme d’habitude, même si cela est déconseillé”.

Fake news et arnaques

À l’ère des réseaux sociaux, chaque affaire d’ampleur mondiale ne peut plus échapper à ses fausses informations. L’OMS a même inventé un mot pour ça: l’infodémie. Ont circulé, notamment, de fausses prédictions annonçant jusqu’à 57 millions de cas confirmés. Les réseaux sociaux ont relativement bien réagi. Facebook a notamment lancé un message d’alerte dans son fil d’actualité incitant les utilisateurs à s’informer via des sources officielles. Des arnaques en tous genres ont par ailleurs envahi les sites de ventes en ligne comme des vaccins miracles et des masques jetables pour des centaines d’euros…

Site officiel: www.info-coronavirus.be

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