Bientôt taxé pour rouler dans Bruxelles?

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Alors que le gouvernement bruxellois réfléchit à instaurer un péage urbain, d’autres villes européennes s’en sont déjà dotées. Petit tour d’horizon.

Il semble qu’il y ait un peu de friture sur la ligne de la majorité bruxelloise. Motif de discorde entre les partenaires gouvernementaux? Un projet de taxe congestion, visant à réduire le trafic automobile dans la capitale. Tandis que Ridouane Chahid, chef de groupe PS au Parlement bruxellois, affirmait un assez sec "Avec le PS, il n’y aura jamais de taxe de congestion à Bruxelles", John Pitseys, son homologue Ecolo, réagissait du tac au tac dans les colonnes du Soir: "La sortie du PS est fébrile, peu lisible, ne facilite pas les choses."

L’idée serait d’appliquer une forme de péage urbain: chaque automobiliste devrait payer pour rouler dans la ville selon une grille tarifaire variable en fonction de la journée. Aux heures de pointe, il faudrait payer le prix fort ; les heures creuses et le week-end, le tarif serait par contre minimal, voire nul. Si Bruxelles hésite encore, d’autres villes en Europe ont déjà sauté le pas et installé des dispositifs luttant contre la congestion du trafic. De quoi s’en inspirer ?

Les Scandinaves pionniers en la matière

Dès 1986, la ville de Bergen (Norvège) se dotait d’un péage urbain et allait faire des émules; le pays en compte six à ce jour. La limitation du trafic n’était initialement pas l’objectif affiché, qui était plutôt d’amortir les coûts de construction et d’entretien des routes. Par la suite, la lutte contre les embouteillages et la pollution est passée à l’avant plan. A Oslo, les tarifs sont maintenant fonction de la cylindrée des voitures et des horaires où elles circulent.

Stockholm a mis en place son péage urbain en 2006 dans le but de réduire la circulation de 10 à 15% en un an. Pour accompagner la mesure, seize nouvelles lignes de bus ont été créés, en même temps que de nouvelles places de parking en périphérie de la capitale suédoise. Il faut compter 45 couronnes (4,25 euros) pour circuler en voiture entre 7H et 8H30 du matin ; 11 couronnes (1 euro) entre 9h et 9H30. Le tarif est nul les jours fériés.

Londres

Une Congestion Charge est de vigueur dans le centre de la capitale britannique. Entre 7 heures et 18 heures, l’automobiliste doit s’acquitter d’une taxe d’environ 13 euros par jour. Exception faite des taximen, qui sont exemptés de la taxe, chaque conducteur est invité à inscrire en ligne la plaque d’immatriculation de son véhicule ainsi que ses coordonnées bancaires ; la taxe est ensuite perçue en fonction des zones traversées.  Impossible de frauder, les caméras qui quadrillent les rues du centre-ville veillent au grain. Si la Congestion Charge  a permis de baisser de 30% en quinze ans le nombre de véhicules pénétrant dans le centre de Londres, la pollution n’aurait, selon certaines études, pas beaucoup diminué. Du coup, une taxe supplémentaire a été instaurée en 2017: les voitures les plus polluantes sont désormais taxées à hauteur de 24 euros.

Milan

La ville italienne s’est dotée d’une zone basse émission payante en 2008, visant les véhicules les plus polluants. Depuis 2012, le dispositif s’est renforcé d’un péage urbain: il faut débourser 5 euros pour se rendre dans le centre historique, à moins d’y être résident. La mesure a eu un impact sur les embouteillages, puisqu’entre 2012 et 2018, le trafic dans le centre-ville a diminué de 38%. Même chose pour la pollution : les émissions de particules fines ont diminué de 10% en un an ; celles de CO2 de 35%. 

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