Covid-19 : pourquoi hésite-t-on à parler d’épidémie ou de pandémie ?

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Près d'un millier de touristes, dont une centaine de Belges, sont confinés dans leur chambre à Tenerife, sur ordre des services sanitaires espagnols. En cause, un vacancier italien a été testé positif au Covid-19. Doit-on déjà parler de "risque pandémique"  ?

L’hôtel H10 Costa Adeje Palace, à Tenerife, fait quelque peu penser ce mardi au paquebot Diamond Princess. Comme ce dernier, l’établissement a accueilli une personne d’origine italienne infectée par le Covid-19 (ou coronavirus). Panique à bord : tous les vacanciers présents sont contraints à rester entre ses murs, dont une centaine de Belges.

Si l’Espagne a réagi très tôt et efficacement en ordonnant la mise en quarantaine, les nuages s’amoncellent. Le coronavirus s’étend en Italie, touchant de nouvelles régions comme la Toscane et la Sicile, et la progression du coronavirus semble inéluctable. Doit-on dès lors parler d’une pandémie, comme le semble présager l’OMS, et est-ce un réel tournant pour la maladie ?

Entre deux eaux

Pour l’instant, le coronavirus n’est encore qu’au stade d’épidémie, du moins officiellement. Autrement dit, on considère qu’un nombre élevé de personnes ont été contaminées dans un pays et, éventuellement, dans des pays voisins. C’est ce qui reflète la situation en Chine et ses environs.

Ce qui pose problème, c’est cette dissémination récente à travers le globe, ce qui constitue un élément clé pour parler de « pandémie ». Au stade actuel, la maladie est surtout cantonnée à des foyers, comme dans les communes isolées en Italie. Mais le cap pourrait être rapidement dépassé. L’OMS vient donc d'enclencher la phase pré-pandémique.

« On parle vraiment de pandémie lorsque, en plus d’être globale, la transmission n’est plus contrôlable », précise Steven Van Gucht, virologue à l’Institut scientifique de santé publique. « Pour l’instant, si on reste avec la qualification d’épidémie, c’est que l’OMS estime que n’est toujours pas le cas, en gardant l’espoir que la diffusion soit arrêtée ».

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Est-ce grave docteur ?

Reste que l’évolution de ces dernières heures en Europe n’est pas encourageante. Si l’Italie finit par s’avouer dépassée par la situation, il faudra prendre de nouvelles mesures, plus drastiques. Mais devrait-on s’inquiéter pour autant  ? «  Le changement de dénomination n’a pas beaucoup de conséquences. C’est vraiment une question de terminologie et de sémantique. Une pandémie peut être très légère tout en circulant autour du monde. Il n’y a pas forcément de conséquences graves  », tient à faire remarquer Steven Van Gucht.

Pour juger de la dangerosité réelle de la maladie, il faut plus se focaliser sur le nombre de malades et de victimes. Le stade de propagation n’est qu’une indication pour prendre connaissance de l’ampleur de l’infection, mais elle ne dit pas tout. «  Cela permet notamment de décider du moment où l’on doit faire de la sensibilisation, surtout vis-à-vis des personnes à risque. Mais même dans le pire des cas, on ne s’attend pas à une situation plus dangereuse qu’une épidémie de grippe de haute intensité, comme on en fait souvent l’expérience », conclut le virologue.

 

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