Astrid Whettnall "De plus en plus de politiques sont fans de Baron Noir"

Teaser

Magritte de la meilleure actrice en 2017 – ex-aequo avec Virginie Efira - grâce à un film de Rachid Bouchareb (La route d'Istanbul), l'actrice bruxelloise continue de tracer sa route: entre autres avec Baron Noir. Rencontre.

Astrid Whettnall est à l'affiche de Baron Noir, cette série politique française nommée aux International Emmy Awards où elle apparaît au côtés de Kad Merad, et dont la troisième saison débute ce samedi sur Be TV. Avant qu'on ne la croise bientôt dans la toute première création belge de Netflix, la série Into the night.

Par son réalisme, Baron Noir s'assimile à des séries comme Borgen ou House of Cards. Une qualité que vous aviez d'emblée pressentie,  lors de l'appel du réalisateur, Ziad Doueiri...

Astrid Whettnall – Oui, j'ai reçu deux épisodes et j'ai adoré! De plus en plus de politiques en sont fans, mais comme elle est accessible, n'importe qui peut comprendre les enjeux. On est dans une sorte de tragédie grecque! Le mérite en revient au créateur Erik Benzekri, issu du milieu politique socialiste, ex-proche de Jean-Luc Mélanchon et militait déjà étant jeune. Tous les partis peuvent s'y retrouver, car même si on parle d'ambitions dévorantes, de sales coups ou d'égos démesurés, on aime tous les personnages. Parce ce qu'ils sont engagés et animés d'idéaux forts!

...et comme vous l'avez déjà dit, ces politiques sont souvent des passionnés qui vivent 24h/24 pour leur métier!

A.W. - Oui, quel que soit leur camp, ce sont des gens qui croient à fond en ce qu'ils font, y compris dans des partis extrêmes forcément à mille lieues de mes idées. Mais en même temps, l'appareil politique est malade, notre système avec. C'est hyper-angoissant et inquiétant, mais c'est aussi excitant d'imaginer ce qui va se passer. De toute façon, il faut que les choses changent.

La série a d'ailleurs radicalement changé votre regard sur la politique...

A.W. - Car jusque là, je n'étais pas une spécialiste. Grâce à Baron Noir, je la respecte. La série est vraiment une radiographie de l'appareil politique du monde actuel. Elle ne propose aucune solution mais elle détaille et analyse les choses avec plein de pistes différentes, en nous réveillant, alertant, instruisant. Jusqu'ici, je votais avec des pieds de plomb. Je n'ai pas changé de camp, mais mon vote est plus réfléchi. Je me rends surtout mieux compte que la politique reste un garant de la démocratie.

Sans trop en dévoiler sur votre personnage de Véronique Bosso, il évolue encore beaucoup...

A.W. - Oui, et je l'adore aussi (rire). Cette saison change et c'est normal, car en ce moment-même, la politique bouge. On s'éloigne des clivages gauche-droite. Dans la saison 2, Macron est arrivé alors que tout était écrit! Mais c'était impossible de prévoir l'arrivée de son parti En Marche. Là, les curseurs ont été poussés plus loin: on parle de gilets jaunes, du pouvoir des réseaux sociaux, de représentants anti-système, de la montée des populismes, de l'effondrement des grands partis ou des gens qui se politisent de plus en plus. C'est gai à jouer, car après trois saisons, les auteurs connaissent notre phrasé par cœur!

Vous avez donc tourné cette nouvelle salve d'épisodes à cheval avec Into The Night, la première série belge créé pour Netflix. Entre Dunkerque et la Bulgarie, donc?

A.W. - Oui! (sourire). Ça été compliqué à gérer, mais tout s'est bien agencé, même si j'ai dû faire beaucoup d'aller-retours. Avec Into The Night, visible aussi cette année, c'est surtout formidable de pouvoir compter sur une nouvelle plateforme chez nous. Je n'ai pas une énorme expérience de séries, mais j'ai de la chance avec ces deux-là, car les conditions leur permettaient de faire les choses à la hauteur des ambitions. J'ai d'autres projets et on verra si Baron Noir continue. J'aimerais travailler plus dans ce pays où, quoiqu'on dise, on est chanceux d'y vivre. Et c'est quand même aux directeurs de casting belges, qui sont des battants, à qui je dois ma carrière. Et donc mon travail...

 

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