"Super Tuesday" : le jour qui décidera du sort de l’Amérique

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La date du 3 mars est redoutée par les candidats démocrates désirant affronter Trump. Plus du tiers des délégués nécessaires à l’investiture seront mis en en jeu. Et les favoris ne sont pas à l’abri d’une mauvaise surprise.

L’échéance approche et fait monter la pression. Ce « super mardi » se tient demain, le 3 mars 2020, et il promet bien des surprises.

L’occasion de décrocher le pactole

Le caractère exceptionnel du « Super Tuesday » réside dans son ampleur. Contrairement à l’Iowa ou au New Hampshire qui ont voté isolément, un nombre considérable d’États appelleront simultanément les électeurs démocrates aux urnes. Cette année, 16 États se mobiliseront pour l’occasion, soit plus que les 12 de l’élection précédente le même jour. Alors qu’il faut au moins 1.990 délégués pour être investi comme candidat pour l’élection présidentielle, ce n’est pas moins de 1.357 délégués qui seront en jeu. Autrement dit, il y a là largement de quoi devancer la concurrence.

Un autre élément retient l’attention des observateurs de la vie politique américaine. Parmi les États concernés par le « Super Tuesday », il y a cette année le plus important de tous : la Californie. Bastion démocrate de renom, il s’agit surtout du territoire le plus peuplé et, par conséquent, offrant le plus de délégués (415).

Parmi les autres enjeux, on trouve le Texas, troisième État le plus important avec 228 délégués, ou encore la Caroline du Nord (110) et la Virginie (99). En 2016, cette étape avait permis à Hillary Clinton de distancer son opposant d’alors, Bernie Sanders, en passant de moins de 100 délégués à plus de 600. Un pas décisif pour son investiture, quelques mois plus tard.

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Les favoris contre le nouveau

Cette fois-ci, la lutte sera encore plus acharnée entre les différents concurrents. Parmi ceux-ci, il y a l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg. Complètement absent dans les États votant en février, il a préféré concentrer tous ses efforts sur cette date cruciale. « Dans les médias, on ne parle pas vraiment de lui pour l’instant. Mais il compte bien changer la donne ce jour-là auprès des électeurs démocrates en mettant à contribution sa fortune et ce serait plutôt une surprise que cela ne survienne pas. Il devrait notamment gagner la Californie qui rapporte plus de délégués que de nombreux États réunis, mais aussi de grands centres urbains également très importants. Ce jour-là, il peut vraiment changer la donne », explique Régis Dandoy, politologue à l’ULB.

Cette arrivée fracassante de Michael Bloomberg devrait, si elle se confirme, bouleverser le jeu politique actuel. Les deux favoris des scrutins de ce début février, le progressiste Bernie Sanders et le centriste Pete Buttigieg, doivent confirmer leurs statuts. Quant à l’ancien vice-président Joe Biden et à Elisabeth Warren, marquée très à gauche, le « Super Tuesday » sera l’occasion de rattraper leurs départs ratés en février… Ou ce sera leurs chants du cygne.

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