La vie après un cancer, une épreuve encore trop souvent taboue

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On gagne de plus en plus souvent contre le cancer. On estime aujourd'hui, le taux de survie à cinq ans après un cancer à 70%. Mais la vie après cancer reste largement ignorée.

Il y a 40 ans, la vie s'arrêtait après un cancer. Aujourd'hui, près de sept fois sur dix, on y survit. « C'est une moyenne. C'est très variable d'un type de cancer à l'autre, de sa localisation et du stade auquel la maladie est découverte », précise la fondation contre le cancer. En attendant, les survivants sont de plus en plus nombreux et ce sont souvent de jeunes adultes entre 30 et 50 ans. L'étape d'après peut être difficile. « Les personnes manquent tout d'abord d'informations. Il est normal d'être fatigué après avoir subi un traitement contre le cancer. Les symptômes dépressifs sont fréquents aussi. Et on peut éprouver des difficultés à retourner au travail », explique Magali Mertens de Wilmars de « Vie et cancer », une ASBL qui veut faire du cancer un tremplin. « Il y a un vrai manque de connaissances sur les effets secondaires des traitements dans la période qui suit. Et on sous-estime l'anxiété qui persiste face à la possibilité de récidive ».

Des problèmes psychologiques et financiers

Même si la majorité des Belges (52%) considèrent que la période du cancer à proprement parler est plus dure à vivre que la période qui suit, ils sont 42% à penser que la préparation à l’après cancer est loin d’être suffisante, selon l'ASBL « Vie et cancer ». Sur le plan personnel, plus de 85% estiment que le cancer a un grand impact tant physique que psychologique. Pour plus de la moitié d’entre eux, le cancer altère les relations avec les proches. Et près de 40% sont d’avis qu’il est compliqué de retrouver une pratique sportive comme avant. Sur le plan financier, plus des trois quarts des répondants estiment que les frais liés à la maladie restent élevés malgré l’arrêt des traitements.

 

Détresse et solitude

Magali Mertens de Wilmars signe un guide « pour rebondir après un cancer ». Elle est aussi coach. « Les personnes que je rencontre sont souvent très perdues et même en détresse. Elles se sentent incomprises dans ce qu'elles vivent et ont un grand sentiment de solitude », explique la jeune femme qui a elle-même traversé un cancer à l'âge de 30 ans. Tant que le parcours de soins est en cours, la personne a une vie réglée sur ses rendez-vous médicaux, elle est prise en charge et son entourage la soutient. Mais quand c'est terminé, il faut faire encore face, cette fois seul.

« Dans la tourmente, on est dans des mécanismes de survie. C'est un jour après l'autre, développe Magali Mertens de Wilmars. Quand la pression se relâche, on se sent en décalage avec les autres qui ont continué leur vie. Et puis biologiquement, on est déréglé par les traitements. On se pose la question du sens de ce qui est arrivé Il y a autant de réponses et de parcours que de personnes. « Certains reprennent une vie comme avant. Mais chez la plupart, le cancer a modifié la manière de voir les choses. Chacun éprouve le besoin de comprendre le sens de ce qui lui est arrivé. Il faut reconnaître les souffrances de ceux qui ont vaincu un cancer et les aider à retrouver leur autonomie. Mais il ne faut surtout pas les victimiser. »

http://vieetcancer.be/

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