Le coronavirus réveille le spectre d'une épidémie internationale mortelle

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Plusieurs dizaines de cas d’une pneumonie particulièrement agressive inquiètent les autorités internationales de la santé. Leur crainte : qu’il s’agisse d’un nouvel épisode d’épidémie à l’image du SRAS, qui avait tué 813 personnes.

31 décembre 2019. Ce jour-là, un homme de 69 ans originaire de Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants du centre de la Chine, se met à tousser. Très vite, il est admis à l’hôpital : ses reins, ainsi que d’autres organes, sont endommagés : les effets de la maladie qui se développe dans son corps sont fulgurants. Le 15 janvier, il meurt. C’est la seconde victime d’un nouveau « coronavirus », un virus à l’origine d’infections respiratoires, qui fait rage en Chine. 41 cas de cette pneumonie aggravée ont déjà été confirmés par analyse, relate l’Organisation mondiale pour la Santé.

Selon la Commission municipale de l’hygiène et de la santé de Wuhan, la majorité des patients sont des hommes et tous on un lien avec la ville. Avec l’un de ses marchés au gros de poissons, plus exactement : les premières victimes ont toutes pu être reliées au lieu, parce qu’elles y travaillait où s’y étaient rendues. Il s’agit donc vraisemblablement du point d’ignition de ce qui s’avère ressembler de plus en plus à une épidémie. Le marché a été fermé en début d’année, mais les autorités chinoises sont sur le qui-vive. Aux frontières d’Hong Kong, on a ainsi renforcé les mesures de détection de maladies : un contrôle de la température est désormais appliqué à tous les voyageurs en transit ou arrivant sur le territoire semi-autonome.

Car le coronavirus a déjà franchi les frontières de la Chine. Trois cas ont en effet été détectés à l’étranger : deux en Thaïlande et un au Japon. Ce dernier, un trentenaire qui se trouvait à Wuhan fin décembre, a commencé à développer des symptômes le 3 janvier selon l'AFP. Aujourd’hui stable, il a été en mesure d'affirmer qu’il n’avait en revanche pas mis les pieds au marché aux poissons, mais avait bien été en contact avec une personne souffrant de pneumonie. Il en va de même pour plusieurs autres cas. Et c’est cette nouvelle en particulier qui inquiète les autorités chinoises et internationales de la santé : elle signifie qu’il est « probable » que le coronavirus soit transmis par l’homme. Et quel endroit plus inquiétant pour voir débuter une épidémie qu’un grand marché, capable de produire une chaine de transmission potentiellement énorme ?

pneumonie
Le marché aux poissons de Wuhan a été fermé début 2020, suite à l'alerte.

Le SRAS : 8 000 victimes, 800 morts

C’est que la « pneumonie chinoise » rappelle le douloureux souvenir du SRAS, pour « syndrome respiratoire aigu sévère ». En 2002 et 2003, ce virus s’était répandu en Asie comme une trainée de poudre, importé partout par des hommes d’affaires et touristes voyageant en avion, après avoir été infectés par des animaux. Plus de 8 000 cas de SRAS ont été recensés et 813 personnes en sont mortes, selon l’OMS. Une maladie typique d’un 21ème siècle où il suffit d’un Airbus et de quelques heures seulement pour se retrouver de l’autre côté de la terre — malade. À l’approche du Nouvel An chinois, qui draine de nombreux voyageurs vers la Chine et hors du pays, la menace d’une nouvelle épidémie, provoquée par un virus cousin du SRAS inquiète… mais point trop. « L’OMS s’oppose à l’application de toute restriction de transport ou de commerce au vu des informations disponibles », communique l’organisation sur la page dédiée à la maladie. « Il reste beaucoup à comprendre sur le nouveau coronavirus, qui a été identifié pour la première fois en Chine au début du mois. On n'en sait actuellement pas assez sur le nCoV 2019 pour tirer des conclusions définitives sur la façon dont il est transmis, les caractéristiques cliniques de la maladie ou la mesure dans laquelle elle se propage. Sa source reste également inconnue ».

« La possibilité que des cas soient identifiés dans d'autres pays n'était pas inattendue et renforce la raison pour laquelle l'OMS demande une surveillance active et une préparation continue dans d'autres pays », relate encore l’OMS. Et comme à l’époque du SRAS, c’est Internet qui fait office de premier vaccin : au début des années 2000, si l’outil n’était pas encore aussi performant qu’aujourd’hui, il avait déjà permis de connecter les scientifiques travaillant sur le virus et de transmettre rapidement les premiers messages d’alerte. De la même manière, la Chine a partagé ce 12 janvier le séquençage génétique du coronavirus afin de permettre « à un plus grand nombre de pays de diagnostiquer rapidement les patients ». L’évolution de sa transmission est donc surveillée, et de près.

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