Réseaux sociaux

Faut-il se méfier de Yubo, l'appli qui cartonne chez les ados ?

Lancée en 2015, cette app française compte de plus en plus d'utilisateurs au sein de la génération Z, née à partir de la fin des années 90. Les 13-25 ans n'hésitent pas à y évoquer des sujets trash et à s'échanger des nudes.

Le réseau social a dépassé les 25 millions d'utilisateurs et intéresse les géants de la tech, comme un certain Mark Zuckerberg. Elle vient de réaliser une levée de fonds de 11,2 millions d'euros, pour continuer son développement et notamment partir à la conquête de nouveaux territoires. Son slogan est on ne peut plus clair « Fais-toi de nouveaux amis », sauf que dans les faits, l'app favoriserait certaines dérives, comme le harcèlement.

En cause, son fonctionnement, qu'on pourrait comparer à un mélange entre les stories d'Instagram, Tinder et Chatroulette, pour ceux qui s'en souviennent. En bref, les utilisateurs peuvent échanger grâce à un système de vidéos en live, en swipant pour rencontrer des personnes qui ne font pas partie de leur réseau. Ils peuvent également rejoindre des sortes de forums en live. Donc au contraire de Facebook et d'Instagram, conçus pour poster et diffuser des contenus, Yubo privilégie le direct. Mais la plate-forme trimballe déjà quelques casseroles.

Nudes et harcèlement

Organisée par tranches d'âges, l'app met en relation des gens qui « se ressemblent ». Les contenus que l'on voit et les lives auxquels on peut participer ne sont donc pas les mêmes si on a 25 ans ou 17 ans. Si on a trente ans?,C'est le désert. On ne trouvera quasiment aucune discussion. Sur ce nouveau réseau social, les ados interagissent « sans limites » et n'hésitent donc pas à se dénuder en se croyant protégés, dans l'intimité de leur chambre, mais aussi à multiplier les initiatives trash. L'app permet d'inclure jusqu'à dix personnes dans ses lives, ce qui a donné lieu à quelques « raid » de harcèlement en meute. La culture du clash y est très présente, puisque de nombreuses personnes créent notamment des lives pour juger insulter certaines personnes qui ne rentrent pas « dans les codes », mais aussi pour juger le physique des autres.

On y découvre par exemple une catégorie « Sluts » dans laquelle figurent de nombreuses jeunes filles. Ou encore une autre appelée « X For Opinions » où les utilisateurs se mettent à poil pour que d'autres donnent un avis sur leur plastique, et une troisième très simplement nommée « Pick Your Asian ». La majorité des contenus sont donc basés sur le sexe. Mais là n'est pas le seul souci : conscients du jeune âge des utilisateurs, des pédophiles n'hésitent pas à intégrer le réseau pour partir en chasse et rejoindre les lives. Comme ces pédophiles ne se filment pas et n'interragissent pas, ils sont rapidement démasqués, mais le danger est là.

Yubo permet aussi d'échanger avec des ados sur les relations, sur la politique, sur l'environnement ou sur la musique, mais ces thématiques sont clairement moins suivies. La plate-forme permet donc d'étendre son réseau, et peut-être de se faire des amis IRL. Mais elle doit être utilisée avec beaucoup de précautions.

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