Portrait

Billie Eilish, la fille de l’année

C’était déjà le titre d’un article consacré à la chanteuse américaine qui est paru dans Moustique à la veille de son concert à La Madeleine le 25 février 2019. Depuis, elle est devenue l’artiste féminine la plus streamée de l’année sur Spotify, elle remplit désormais des stades, a imposé son premier album au sommet de tous les charts et est la grande favorite des Grammy Awards. Portrait.

Ses chansons sont partout

Bermuda baggy, t-shirt Gucci taille XXL, baskets, protections de skateuse sur les genoux et décoloration bleue dans les mèches de cheveux. Voilà comment Billie Eilish s’était présentée à son public belge (99 % d’ados dont 75 % de filles), le 25 février dernier à la Madeleine. Pas de doute, à dix-sept ans, la jeune fille pourrait incarner n’importe quelle héroïne d’une série ado pour Netflix. Elle préfère en nourrir régulièrement les bandes originales. Pretty Little Liars, The Vampire Diaries, The Originals, 13 Reasons Why ou encore Roma. Ses chansons sont partout. 

En 2019, elle a dépassé les 6 milliards de streams sur Spotify avec une moyenne mensuels de 50 millions d’auditrices/auditeurs, faisant d’elle l’artiste féminine la plus streamée de la plateforme (Ed Sheeran étant le numéro 1 absolu).  Elle qui affirme n’avoir acheté aucun CD de sa vie sera contente de savoir qu’elle a écoulé plus d’un 1,5 million de copies physiques (CD, vinyle) de son premier album «  When We All Fall Asleep, Where Do We Go  ». Pour 2020, c’est Apple TV+ qui a cassé sa tirelire avec un documentaire exclusif consacré à Billie Eilish qui aurait touché plus de vingt millions de dollars pour raconter sa vie.

Refus d’être formatée

Dans ses compositions réalisées avec son frère aîné Fineas, Billie Eilish impose son refus d’être formatée. “ Je n’ai jamais saisi le concept de se fondre dans la masse et de faire comme tout le monde, explique-t-elle. Je préfère me surprendre moi-même. ” Cette attitude, à mille lieues de la pop lisse d’Ariana Grande et d’un hip-hop américain de plus en plus conventionnel, paie. Tout en s’inspirant des sonorités de sa génération, Billie Eilish ajoute aussi des guitares grungy et une batterie (celle du frangin) dans ses productions. Elle cite aussi bien Avril Lavigne que A$ap Rocky comme influences et se nourrit de son vécu de “fille pas comme les autres” pour écrire ses textes.

Troubles neurologiques

Fille de comédiens, Billie a grandi dans les quartiers latinos de Highland Park, à Los Angeles, là même où Tarantino avait planté le décor du cultissime Reservoir Dogs. Elle a eu une scolarité difficile, est atteinte du syndrome Gilles de la Tourette et souffre de troubles de sommeil.  Le titre de son premier album paru le 29 mars et en tête de tous les traditionnels bilans de fin d’année, fait référence aux cauchemars qui la hantent. Ses textes écrits dans la chambre familiale évoquent des amitiés perverses (When The Party’s Over), des mecs “chelous” (My Boy, Bad Guy) et des pensées morbides.

Dans le refrain de Bury A friend, Eilish chante ainsi “Enterrer un pote… En finir avec moi”. Les parents d’aujourd’hui qui avaient vingt ans quand Nirvana a explosé pourront méditer là-dessus. Pour Dave Grohl, leader de Foo Fighters et ancien batteur du trio de Seattle, le doute n’est déjà plus permis. “ Quand je regarde Billie Eilish, je me dis que le rock n’est pas mort. Elle me fait penser au phénomène Nirvana.” Et toc.

Au Sportpaleis en 2020

Après La Madeleine et le Pukkelpop en 2019 (et le Botanique en 2018), Billie Eilish s’offrira le Sportpaleis d’Anvers le 19 juillet 2021. Ce n’est déjà plus la même chose… Pour sa tournée mondiale 2020, plus de 500.000 tickets ont déjà été vendus.

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