Technologie

Qu'est-ce qui coince avec la 5G?

Télécharger un film en une seconde ou prendre le contrôle d'une voiture autonome à distance, c'est ce que promet la 5G. Oui mais voilà, en Belgique, son déploiement est bloqué. Explications. 

Cela fait des mois qu'on en entend parler. La 5G, la cinquième génération de réseau sans fil, devrait être déployée sous peu en Belgique et notamment à Bruxelles. Le but? Faire face au risque de saturation de la 4G, estimé dans la capitale en 2022. Une annonce qui semble anodine, mais qui cache pourtant de nombreuses complexités. Attendue comme le père noël par le monde industriel, la 5G est loin de rassurer le gouvernement bruxellois concernant les normes sanitaires et environnementales. La 5G est si différente de la 4G? Spoiler alert: enfait, oui.

La "rupture" de la 5G

La 5G, ce n'est pas seulement l'évolution de la 4G avec un brin plus de puissance, c'est une technologie de rupture. Une véritable révolution, selon les professionnels des télécoms, qui vise à connecter tout le monde, y compris les objets. En gros, la 5G permettra non seulement une connexion 10 fois plus rapide que la génération précédente, mais aussi une réactivité éclair, une qualité de service constante et de nouvelles garanties en termes de sécurité des données.
De quoi faire rêver les industriels, pour qui la 5G ouvre un champ de possibilités: fini les robots reliés par des câbles dans les usines par exemple, puisque le nouveau réseau sera bien plus fiable que le wifi. Des tâches plus complexes pourront être confiées aux machines, et les pannes mieux anticipées grâce à une communication en temps réel.

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Des applications diverses

La 5G n'entend pas limiter son application au monde industriel. Pour le grand public, les smartphones équipées de cette nouvelle technologie seront aussi performants que des consoles de jeux. Développement d'applications de réalité virtuelle, immersion dans des vidéos 360 degrés... fini les bugs et les temps de chargement. Une efficacité qui permettra d'ailleurs le développement des véhicules autonomes. Le réseau 5G donnera en effet la possibilité aux véhicules de rentrer en communication avec ses paires, de recevoir des informations et d'être contrôlés à distance. Presque flippant.

La 5G est aussi attendue du côté du monde médical, pour pratiquer des opérations chirurgicales “télémonitorées”. Pour faire simple, ce sont des opérations où conseils et assistance technique sont prodigués à distance à une éuqipe sur place. Ce style d'opération avait déjà eu lieu sous les réseaux précédents, mais encore une fois, la 5G promet une fiabilité et une qualité d'image inégalée. La première opération “télémonitorée” via la 5G a eu lieu à Barcelone en février 2019.  À terme, le réseau pourrait permettre à un chirurgien d'opérer à distance via des bras robotisés.

Pourquoi ça bloque?

Sur le papier donc, la 5G, ça a l'air plutôt prometteur. Si en France et dans plusieurs autres pays européens son déploiement est officiellement lancé, en Belgique le dossier bloque. Pour plusieurs raisons. La première, c'est l'absence d'accord entre le fédéral et les Communautés concernant la vente aux enchères des fréquences 5G. Chacun veut sa part du gâteau, et c'est là que le bat blesse. Des pistes sont actuellement étudiées pour sortir de l'impasse.

Mais un deuxième obstacle fait barrage: à Bruxelles, là où la 5G doit être déployée en priorité, le gouvernement régional s'inquiète des conséquences du réseau sur la santé des citoyens. Pour que la 5G  puisse être déployée, les normes d'émission d'ondes électromagnétiques doivent être relevées de 6 à 14,5 volts. Ecolo veut plus de certitudes en terme de santé publique, concernant les conséquences possibles d'une exposition à ce type d'ondes. Une étude est en cours.
En attendant, bonne nouvelle, la 4G suffit toujours pour regarder les films de noël.

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