Ce dimanche, dites au revoir aux pièces de 1 ou 2 cents

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Chaque cent ne compte plus. Les commerçants ont l'obligation d'arrondir leurs prix à cinq cents près dès ce dimanche. Les pièces d'1 et 2 devraient petit à petit disparaître alors que chaque Belge en possèderait encore 140.

De l'argent très "psychologique"

Cela fait vingt ans qu'elles alourdissent nos poches et gonflent nos portes-monnaies. C'est une histoire d'amour et de haine. Ces petites pièces nous collent aux doigts. On ose à peine les sortir quand la file s'allonge derrière nous au magasin. Mais leur suppression soulève des suspiscions. Les pièces de 1 et 2 cents sont de l'argent à haute valeur psychologique. Dès le départ, les "petits cents" furent inventés pour rassurer les consommateurs sur le fait qu'on ne les roulait pas dans la farine au moment où l'on a basculé dans l'euro. Dans la zone européenne, seule la Finlande fit la moue et ne les utilisa jamais. Les Pays-Bas ont introduit l'option d'arrondir les prix à cinq cent près depuis 2004.

Des clients méfiants

En Belgique, l'idée de les supprimer a longtemps cogité. Mais Didier Reynders, alors ministre des Finances, n'osa pas appliquer la suppression de peur de froisser le chaland. L'Union des classes moyennes (UCM) et l'Unizo (patronat) lancèrent en 2006 une expérience pilote à Visé et à Waregem. "On voulait montrer qu'on pouvait s'en passer sans que ça pose problème. Et ce fut le cas", explique Thierry Evens, le porte-parole d'UCM. Mais les esprits n'étaient pas encore prêts à s'arrondir. De nombreux commerçants craignaient jusqu'ici de faire fuir leurs clients. En particulier les libraires, les pharmaciens et les magasins d'alimentation les utilisaient jusqu'à aujourd'hui.

Le principe de l'arrondi

Une campagne d'information a été lancée ces derniers jours pour rassurer. L'arrondi se fait à cinq centimes au-dessus ou en-dessous de la somme exacte. Cela ne fera donc pas théoriquement grimper les prix. Le montant total à payer en espèces est arrondi aux 0 ou 5 cents les plus proches, selon le cas, à la baisse ou à la hausse.

  • Si le montant total à payer en espèces se termine par 1 ou 2 cents, il est arrondi vers le bas à x,x0 euro.

  • Si le montant total à payer en espèces se termine par 3, 4, 6 ou 7 cents, il est arrondi à x,x5 euro.

  • Si le montant total à payer en espèces se termine par 8 ou 9 cents, il est arrondi vers le haut à x,(x+1)0 euro.

Elles restent valables

Les pièces de 1 et 2 cents continuent cependant d’exister comme moyens de paiement légaux. Elles peuvent donc toujours être utilisées. Les entreprises ne peuvent pas les refuser comme moyen de paiement, pour autant qu’elles soient utilisées dans une quantité raisonnable (maximum 50 pièces par paiement). De la même manière, le consommateur ne peut pas les refuser quand une entreprise lui rend la monnaie. Il y a même encore moyen de rentabiliser les trèsors cachés et accumulés. En particulier sur le marché des collectionneurs. Une pièce monégasque d'un centime de 2002 peut valoir plus de 100 euros.

Un puit sans fond

La Belgique a frappé quelque 1,6 milliards de petites pièces rouges depuis 1999. L'opération fut comme un puit sans fond. La petite mitraille s'est accumulée dans des tirelires, dans des fonds de tiroirs ou aux endroits les plus incongrus plutôt que d'être en circulation. « On a frappé plus de 1 et 2 cents que de pièces de 1 et 2 euros parce qu'elles ne circulaient pas », explique Thierry Evens. Chaque Belge possèderait ainsi 140 piècettes de 1 ou 2 cents environ. Mais les experts postulent que beaucoup de ces piècettes se sont perdues.

Un gouffre financier

La Belgique a arrêté de produire les pièces de 1 cent en 2016 et de 2 cents en 2017. Elles coûtaient un bras. Pour produire et transporter une pièce de monnaie de 1 eurocent, la Banque nationale de Belgique devait débourser 1,65 cent. Et pour une de 2 cents, le coût s'élevait à 1,94 cent. Et puis l'Europe ne voulait plus qu'on en produise , estimant qu'il y en avait assez en circulation. « L'Etat va économiser de l'argent. Pour les commerçants, cela va faciliter leur vie au moment des paiements et lorsqu'ils feront leur caisse en fin de journée », énumère Thierry Evens.

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