Les jalons du « Mouvement flamand »

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Au départ, partie intégrante du nationalisme belge, la revendication de l’identité flamande s’est peu à peu muée en un mouvement indépendantiste. En différentes étapes.

1838. L’anversois d’origine française, Hendrik Conscience publie « Le Lion des Flandres », un roman historique dans lequel il dépeint la Bataille des Eperons d’Or. Celle-ci oppose la chevalerie française aux combattants flamands le 11 juillet 1302 et voit ceux-ci triompher. Les troupes flamandes victorieuses ramènent comme trophées les éperons d'or de tous les chevaliers français tombés dans la bataille. Le roman va raviver une conscience flamande et donner à celle-ci une mythologie. Le 11 juillet sera choisi comme date de la fête annuelle de la communauté flamande de Belgique. L’œuvre d’Hendrik Conscience s’inscrit dans la revendication de l’identité belge vis à vis de la France, dans un contexte où celle-ci pouvait – dans les années 1830 – avoir des velléités d’annexer la toute jeune Belgique. Valoriser l’identité flamande de la Belgique, c’était singulariser le territoire tout entier.

1870. Poussé par les étudiants, le mouvement flamand reçoit une base populaire plus large. Il s'apparente de plus en plus à un mouvement politique avec des exigences telles que la flamandisation totale de l'enseignement et de la vie publique en Flandre.

1914-1918. La Première Guerre mondiale marque une nouvelle étape. Le sentiment anti-belge et anti-francophone du mouvement. Parce que les ordres donnés à la troupe tant wallonne que flamande, l’étaient en français. Ce qui a donné lieu à de fâcheuses incompréhensions et à la naissance du mythe du francophone maltraitant le Flamand. Ce mythe a été étayé par une histoire réelle : la mort des frères Van Raemdonck, deux sergents qui furent tués au même moment entre Dixmude et Ypres et dont un Général francophone refusa d’aller chercher les dépouilles. Celles-ci reposent, aujourd’hui, dans la crypte de la Tour de l’Yser.

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1940-1945. La 2ème Guerre Mondiale a accentué la fracture entre les deux communautés principales du pays. L’occupant allemand a, en effet, exercé une politique visant à diviser le pays. Les nazis ont soutenu activement le mouvement flamand dans ses franges les plus radicales. Notamment le « Vlaams National Verbond » qui disparaîtra à la fin de la guerre pour donner naissance au « Vlaamse Concentratie » en 1949, qui lui même disparaîtra, en 1954, au profit de la Volksunie. De celle-ci, sont issus le Vlaams Belang et la N-VA. Par ailleurs une mesure discriminatoire allemande va durablement peser sur les rapports entre les communautés. L’Allemagne nazie va libérer les prisonniers de guerre flamands qu’elle détient depuis 1940 après juste un an. Les prisonniers de guerre wallons, attendront, eux, la fin de la guerre pour rentrer chez eux…

1967-1968. Le 5 novembre 1967, plus de 30 000 personnes, dont vingt-sept parlementaires du PSC-CVP, défilèrent dans les rues d'Anvers pour exiger le départ des étudiants francophones de Louvain, au nom du droit du sol et de l'unilinguisme régional. C’est le « Walen Buiten ». Après plusieurs mois de crise et de violences, le gouvernement « impose à la section française de l'Université de Leuven l'implantation d'unités pédagogiques entières dans des sites nouveaux ». Ce qui déclenchera la construction de Louvain-La-Neuve. Il faut noter un changement fondamental dans l’équilibre économique du pays qui survient à la même époque. C’est vers 1967 que la Wallonie cesse d’être la communauté la plus contributive du pays. En d’autres termes, les transferts financiers vont, dorénavant de Flandre vers la Wallonie et plus l’inverse.

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1977-1987. De nombreuses manifestations organisées dans les Fourons de militants flamingants, notamment ceux « Taal Aktie Komitee » et du VMO, le « Vlaamse Militanten Orde », fondé par un collaborateur flamand, Bob Maes – au 90ème anniversaire duquel on retrouvera Ben Weyts et Théo Francken en 2014 – remettent en lumière les problèmes communautaires. José Happart, bourgmestre élu de cette commune appartenant à la Région flamande enclavée en territoire wallon, refuse de se soumettre à un examen de langue flamande.

2014. La N-VA, qui a abandonné temporairement ses volontés indépendantistes, participent au gouvernement fédéral. Cinq ans plus tard, son attitude n’est pas claire quant à sa volonté. Obtenir l’indépendance de la Flandre, faire de la Belgique une coquille vide ou continuer à la flamandiser ?

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