Pourquoi il faut aller (re)voir Murat en concert

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L’infatigable troubadour de la chanson française propose trois nouvelles dates belges en cette fin 2019. Un retour justifié par la qualité de ses dernières productions discographiques.

Baptisé “Il Francese”, le dernier disque studio de Jean-Louis Murat (il a aussi publié en avril 2019 "Innamorato", le live de sa tournée actuelle qui compte quatre titres inédits) fantasme la vie sous le soleil napolitain. “En 1968, j’étais sur le bord de la route pour suivre le Tour de France. Quand le peloton est passé en Auvergne, j’ai refilé ma gourde à Felice Gimondi”, nous confiait-il à la parution de "Il Francese".  le chanteur avec des étoiles dans les yeux. ”Gimondi est arrivé en jaune à Paris. Depuis sa victoire, je me sens un peu Italien. Si un match de foot oppose les Bleus à la Squadra Azzurra, par exemple, j’enfile mon maillot de l’Italie."

Avec "Il Francese", Jean-Louis Murat tourne le dos aux albums concepts et autres expériences littéraires pour embrasser son premier amour: la chanson. Même s’il rêve d’antipasti, l’artiste ouvre les festivités sur un mot allemand (Achtung), repoussant fort joliment les frontières de son univers. “J’ai toujours pensé qu’une musique européenne aurait pu se développer et fédérer les publics. Mais ce n’est jamais arrivé. Résultat? On bouffe un max de tubes américains.” Le régime semble pourtant au goût du Français. “Je ne suis pas fan des États-Unis et de leur impérialisme culturel. Mais la musique américaine circule dans mes veines. C’est mon ADN et mes chansons en découlent. Alors, je me débrouille pour être en phase avec ma personnalité: je marie Jeanne d’Arc avec John Lee Hooker, j’associe Rimbaud et Curtis Mayfield. Pour l’instant, je raffole de Kendrick Lamar. C’est mon nouveau Bob Dylan. Et puis, je suis à fond dans Frank Ocean.

Le rêve américain

Cette nouvelle passion transpire notamment à travers la production langoureuse de La treizième porte. Dispersées autour de quelques notes pianotées du bout des doigts, les particules électroniques s’infiltrent sous les mots délicats de Jean-Louis Murat. Avec Sweet Lorraine, il prend ensuite la route de Memphis et s’arrête aux portes des mythiques studios Stax pour un hommage à Otis Redding. Ailleurs (Gazoline), l’usage du vocodeur rappelle la récente métamorphose discographique de Lambchop. Entre traditions folkloriques séculaires et techniques de production dernier cri, le groupe américain lustrait blues, folk et country à la lueur du R&B. Jean-Louis Murat applique aujourd’hui ce traitement à sa chanson française. Avec maestria, naturellement. Autant de chansons à (re)découvrir lors de ses trois prestations live programmées en cette fin d’année.

Le 28/11, Théâtre de Binche, Binche.

Le 6/12, W :Hall, Woluwé Saint-Pierre.

Le 13/12, Théâtre de Namur, Namur.

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