L'avion est moins cher que le train, encore pour longtemps?

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Voyager par les airs est moins cher que par le chemin de fer. Les coûts de production des trajets en avion sont en effet moins élevés que ceux en train. En plus, le kérosène n'est pas taxé. Ce qui pourrait bientôt changer...

En pleine prise de conscience écologique, on a tous déjà pensé à partir en vacances en train plutôt qu'en avion. Mais on a vite été découragé par le prix du billet. Un voyage en train peut s'avérer jusqu'à trois fois plus cher qu'en avion. Cela explique pourquoi les voyageurs se bousculent encore dans les aéroports. Cet été, Brussels Airport a attiré 5,3 millions de clients. Soit une hausse de 2,6 % par rapport à l'été 2018. L'aéroport de Charleroi a également vu sa fréquentation augmenter (+ 2%). Les Belges ne prennent pas seulement l'avion pour les longues distances. L'an dernier, 277.787 personnes ont notamment choisi de se rendre à Amsterdam depuis Bruxelles par la voie des airs. Une statistique en continuelle augmentation (+ 8,4 % par rapport en 2017 selon l'agence BRUtrends). Les deux aéroports ne sont pourtant situés qu'à 150 kilomètres à vol d'oiseau… Au début de l'année, le gouvernement néerlandais avait voulu supprimer cette ligne, mais la décision n'a pas été validée, car elle est contraire aux règles de libre-échange européennes.

Coûts de production inférieurs

Mais pourquoi l'avion est-il si bon marché? Aussi étrange que cela puisse paraître, les coûts de production d'un train sont plus élevés que ceux des avions. Certes, le bolide volant représente un plus gros investissement à la construction, mais le reste est relativement bon marché. Il ne faut en effet rien construire dans le ciel. Pour faire fonctionner un train, par contre, il faut veiller à la maintenance des voies, des caténaires et de la signalisation, mais aussi construire des gares et le chemin de fer sur tout l'itinéraire. Ce qui implique d'énormes infrastructures publiques.                       

Une étude menée par l'organisation Deutsche Welle a comparé le coût réel (pas le prix du billet, donc) du train et de l'avion. Un trajet Munich-Budapest, par exemple, coûterait 70 euros en avion et 245 en train. Ce n'est toutefois pas ce que le consommateur paie. Si on tient compte des subventions, des stratégies économiques des entreprises, etc., le billet reviendrait en moyenne à 50 euros en avion et… 170 euros en train.

Fin de la niche fiscale?

Ensuite, il y a la problématique du kérosène. Grâce à un accord signé en 1944, le kérosène est le seul carburant qui n'est pas taxé. Même l'électricité utilisée par le chemin de fer l'est. Sans cette niche fiscale, les compagnies low cost n'auraient jamais pu voir le jour. Dans une lettre envoyée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, 9 ministres des Finances européens, dont le belge Alexander De Croo, ont rappelé ce lundi que l'avion générait "2,5 % des émissions mondiales de CO2 et provoque des externalités négatives telles que le bruit et la pollution atmosphérique". Ils ont ajouté: "Comparée à la plupart des autres moyens de transport, l’aviation n’est pas suffisamment onéreuse. Le transport aérien est exonéré de droits d’accise, aucune TVA n’est perçue sur les vols internationaux, il n’y a pas de taxe de billet coordonnée et les instruments économiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre peuvent être renforcés." L'idée d'une taxe européenne devrait bientôt aboutir, car elle est soutenue par des leaders européens, dont la présidente de la Commission Transports au Parlement européen Karima Delli.

Certains pays ont déjà commencé à taxer le kérosène comme les Pays-Bas, les USA ou le Brésil. Mais cette taxe, à hauteur de 0,302 euro le litre, ne s'applique que pour les vols nationaux. Si cette mesure était internationnalisée, le prix du billet d'avion augmenterait drastiquement. Cela n'impliquerait cependant pas forcément que celui du train diminuerait. Aux États de décider ce qu'ils feraient de ces nouvelles recettes…

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