Informateurs: la Belgique au point mort

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Halloween est terminé, mais c'est maintenant que la liste des horreurs va débarquer dans le paysage de la Belgique fédérale. Les informateurs successifs n'auront été que des fantômes drapés dans l'impossible dialogue entre les nationalistes flamands et les socialistes francophones.

Le duo PS/N-VA formé par Rudy Demotte et Geert Bourgeois ne veut plus ni officier (pour brasser le vide) ni parader (pour meubler le néant). Après la longue mission du couple MR/sp.a formé par Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, c'est rebelote. On ne va plus pouvoir se mentir. Ce qui se passe, ou plus exactement ce qui ne se passe pas, est catastrophique. Les festivités autour des 18 ans de la princesse héritière, la fête d'anniversaire d'Elisabeth, auront à peine fait diversion. La N-VA n'était d'ailleurs même pas présente à cette joyeuse sauterie au cœur du royaume. Le Palais vient de décider d'entamer des consultations pour trouver une piste.

Tristes premières fois

Voici donc. Pour la première fois dans l'histoire politique belge, aucune formation de gouvernement ne démarre. Nous sommes plus de cinq mois après les élections du 26 mai et presque onze mois après la chute du gouvernement Michel. Pour la première fois de l'histoire politique belge aussi, un premier ministre se retire en pleine crise pour s'octroyer de plus hautes fonctions européennes. Même si cela devait être occulté par une autre première historique, l'arrivée d'une femme -Sophie Wilmès – au 16 rue de la Loi, le départ d'un Premier ministre, fut-il en affaires courantes, est tout autant une grande première.

La longue crise de 541 jours de 2011 -qui avait conduit au gouvernement Di Rupo – s'était déroulée tout autrement. Les politiques, même s'ils ne se connaissaient pas ou mal, se parlaient. La population retenait son souffle. Il se passait, jour après jour, quelque chose. C'était un feuilleton très long dont on rapportait des bribes de réunions. Cette fois, il ne se passe rien. Même pas les miettes de gaufres d'un Bart De Wever. Tout au plus a-t-on parlé, semble-t-il, de bien-être animal autour d'un buffet où se cotoyaient PS et N-VA.

Scénarios de la peur

Madame soleil peut bien à présent mettre son tablier et faire tourner les scénarios pour aider le Palais royal à trouver quelque chose. Les tentations sont diverses. Au CD&V, le futur probable président du parti a imaginé créer un gouvernement de technocrates « puisque les partis n'arrivent plus à s'entendre ». Le parti centriste signerait ainsi des deux mains la faillite du susytème démocratique et amènerait sans crier gare une dictature des élites qui gouverneraient dans une soi-disant neutralité, comme si cela était possible. Autre scénario digne d'un film d'épouvante, celui d'élections anticipées qui seraient une sorte de referendum sur l'avenir du pays sans dire son nom. Reste à tenter la formule arc-en-ciel, en réunissant socialistes, libéraux et écologistes mais, ultra minoritaire en Flandre, elle fiche la trouille au nord du pays. 

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