Marie Laforêt: retour sur une carrière éclectique

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La chanteuse et comédienne française est décédée ce week-end en Suisse à l’âge de 80 ans. Elle laisse derrière elle plusieurs tubes, des répliques devenues cultes et l’empreinte d’une femme libre. Retour sur cinq moments-clé de sa carrière.

Plein Soleil : la révélation

Marie Laforêt est remarquée pour la première fois sur grand écran dans le film Plein Soleil de René Clément. À 21 ans, elle y tient l’un des rôles titre aux coté d’Alain Delon et Maurice Ronet. Tourné en Italie du 3 août au 22 octobre 1959, le film n’a pas été un long fleuve tranquille pour l’actrice qui a dû repousser les avances assez directes d’Alain Delon. Vexé, l’acteur lui dira : "Tu ne sais pas ce que tu perds", à quoi elle rétorquera : "Toi non plus, tu ne sais pas ce que tu rates". Elle soulignera plus tard l'inconfort qui régnait sur le plateau à cause de ses deux comparses : "Alain Delon et Maurice Ronet étaient si prétentieux, si méprisants : deux trous du cul !". Un sens de la repartie certainement bien utile dans un monde encore majoritairement dominé par les hommes.

La Fille aux yeux d’or : naissance d’un surnom

© Belga Image / CHRISTOPHEL© Belga Image / CHRISTOPHEL

Après Plein Soleil, les rôles s’enchaînent. Le réalisateur Jean-Gabriel Albicocco (qu’elle épousera ensuite) la fait tourner dans deux de ses films : La Fille aux yeux d'or qui lui vaudra son surnom et Le Rat d'Amérique où elle joue aux côtés de Charles Aznavour. Adapté d’un roman d’Honoré de Balzac, La Fille aux yeux d’or reçoit le Lion d'argent à la Mostra de Venise de 1961. Dirigée par Chabrol, Mocky, Lautner, l’actrice jouera ensuite deux fois aux côtés de Jean-Paul Belmondo (Flic ou voyou et Joyeuses Pâques).

Les Vendanges de l’amour : l’avènement musical

En 1963, la chanson Les Vendanges de l’amour écrite par Danyel Gérard et Michel Jourdan signe le début d’un succès musical sans précédent. Les succès s'enchaînent : Frantz, Viens sur la montagne, La Tendresse, La Bague au doigt, La Voix du silence (version française de The Sound of Silence) et les incontournables Ivan, Boris et moi, Mon amour, mon ami et Que calor la vida. En tout, Marie Laforêt aura vendu 35 millions d’albums dans le monde entier, soit plus que Jean-Jacques Goldman ou Mylène Farmer.

Les Morfalous : la réplique devenue culte

Dans ce film réalisé par Henri Verneuil et sorti en 1984, Marie Laforêt prononce une phrase devenue culte et très partagée aujourd’hui en guise d'hommage à l’actrice, connue pour son humour mordant et sons sens de la répartie. Elle y joue une femme dont le mari décède par électrocution après avoir uriné sur un câble à haute tension. Lorsqu’on lui explique qu’il n’a pas souffert, elle réplique : "C’est bien la première fois qu’il fait des étincelles avec sa bite" avec une prestance inimitable. Savoureux.

2005 : les derniers concerts

© Belga ImageEn 2005, au Théâtre des Bouffes Parisiens © Belga Image / AFP

Après s’être installée en Suisse pour échapper à la surmédiatisation et écrire des livres, Marie Laforêt remonte sur scène en juillet 2005 lors du festival Juste pour rire de Montréal et en septembre de la même année à Paris. Elle annonce ensuite une tournée d’adieux en 2007 qui, pour des raisons de santé, n’aura jamais lieu.

Les auditeurs d’Europe 1 avaient aussi pris l’habitude de l’entendre dans l’émission quotidienne de Laurent Ruquier On va s’gêner. L’homme de radio a d’ailleurs réagi à la mort de l’artiste : "C’est quelqu’un que j’aime, donc je suis très triste qu’elle soit partie. C’est une très grande artiste, à la fois fantaisiste et tragédienne aussi bien dans son jeu que dans ses chansons. C’était une femme drôle et pertinente".

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