Les publicités politiques sur Twitter, c'est terminé

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Pour éviter la propagation de fake news et le monopole des politiques fortunés, le réseau social Twitter adopte une décision forte et prend le contre-pied de Facebook.

"Nous pensons que la portée d'un message politique doit se mériter pas s'acheter", a souligné le co-fondateur de Twitter, Jack Dorsey, lors d'une conférence de presse fin octobre. Désormais, le réseau social à l'oiseau bleu cessera d'être inondé de publicités à caractère politique et ce, dans le monde entier. Pour Jack Dorsey et son équipe, plus question que les politiciens les plus aisés puissent dominer les réseaux sociaux par leur présence massive. Jusqu'à présent, un message politique gagnait en audience grâce aux retweets et au nombre d'abonnés qu'une personne a. Comme il est possible de sponsoriser les plublicités sur les différents réseaux sociaux, plus une personne a un budget important alloué à sa campagne de communication, plus elle peut cibler et atteindre des internautes. Avec cette nouvelle mesure, ce ne sera plus le cas. "Payer pour avoir de l'audience impose aux gens des messages politiques parfaitement optimisés et ciblés".

En optant pour le mérite plutôt que les moyens financiers, Twitter prend une position forte en total opposition à la politique de Facebook. D'autant plus que Twitter, comme les autres réseaux sociaux et Google, tire essentiellement ses revenus de la publicité ciblée très précisément grâce aux données de ses utilisateurs qu'il collecte quotidiennement. Récemment, lors d'un discours prononcé à l'université Georgetown à Washington, Mark Zuckerberg, défendait la présence desdits messages au nom de la liberté d'expression. Sauf que ceux-ci comportent parfois des mensonges. Un problème qui n'en est pas un pour le PDG qui estime que ce sont les aléas de la démocratie.

Facebook dans la tourmente

De son côté, Jack Dorsey n'a pas hésité à tacler Zuckerberg lors de cette même conférence. "Pour nous ce n'est pas crédible de dire : "Nous travaillons dur pour empêcher les gens de contourner les règles de nos systèmes pour diffuser des informations fausses mais si quelqu'un nous payer pour forcer les gens à voir leur publicité politique... alors ils peuvent dire ce qu'ils veulent".

Ce n'est pas la première fois ce mois-ci que le PDG de Facebook en prend pour son grade. Depuis l'affaire Cambridge Analytica, Mark Zuckerberg galère pour regagner la confiance de ses utilisateurs. À l'aube des élections présidentielles américaines, le rôle de Facebook dans le débat politique est âprement critiqué. C'est notamment le cas de la sénatrice Elisabeth Warren, candidate à la primaire démocrate, qui appelle fréquemment au démantèlement de l'entreprise. Aussi, le 24 octobre, le Congrès américain auditionnait le PDG de Facebook pour sa crypto-monnaie qu'il souhaite bientôt lancer, le Libra. L'occasion pour la sénatrice démocrate, Alexandria Occasio-Cortez, de confronter Zuckerberg. "Est-ce que vous supprimez les mensonges ou vous ne supprimez pas les mensonges ? Vous les notifiez, mais vous ne les supprimez pas", avait-elle lancé. Mal à l'aise, il s'était empêtré dans des explications approximatives et peu convaincantes.

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