"Réparer les vivants": la vie et rien d’autre

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Teaser

Adaptant le livre de Maylis de Kerangal sur le don d’organes, Katell Quillévéré signe avec Réparer les vivants un film lumineux et puissant. À (re)découvrir ce soir sur La Trois.

Katell Quillévéré est cette cinéaste qui a fait de François Damiens dans Suzanne un véritable acteur, dans la peau d’un routier, papa dépassé d’une fille en déroute. Débarrassant le trublion de ses tics de farceur toujours prêt à déconner pour une profondeur d’émotion dont Damiens lui-même dit qu’il ne se pensait pas capable. À peine trois films au compteur et déjà une vraie griffe: le souci de l’autre, qui porte toute sa démarche cinématographique. Un cinéma bienveillant qui ne pouvait que s’accorder avec le récit poignant du livre Réparer les vivants de Maylis de Kerangal que la réalisatrice adapte ici avec une délicatesse, une force, une poésie par instants vertigineuses. Comme la vague sur laquelle Simon, 17 ans, tient son surf en équilibre avec ses potes, défiant les éléments tel un jeune dieu qui vient de quitter sa dulcinée à l’aube pour flirter avec le danger, se sentir vivre… fort. Mais au retour, sur la route, c’est la mort qui l’attend au tournant.

Un vrai beau film de cinéma qui nous va droit au cœur. 

De l’ampleur quasi irréelle qui ouvrait le film, retour à la réalité dure, dans une unité de soins que Quillévéré filme à la manière d’un documentaire, attentive au moindre détail. Les médecins sont convaincus que ce jeune cœur peut continuer à vivre, d’autant qu’une femme épuisée attend, quelque part, une greffe… Sur le fil tendu du teen movie, du mélo et du docu hospitalier, Quillévéré, comme son jeune surfeur bourré de vitalité mais aussi fragile, ne tombe jamais, offrant un vrai beau film de cinéma qui nous va droit au cœur. Avec cette question roulant dans notre esprit comme l’écume de la mer: et si c’était moi? Le spectacle, comme la vie, continue: quel meilleur spot, franchement, pour le don d’organes?y

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