En France, trois millions d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté

Teaser

En France, un jeune sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Une réalité illustrée par ce portrait à quatre faces, ce soir à 23h25 sur France 2.

"Il ne sait pas ce que c’est de manger du pain dans du pain, Monsieur Macron. Faudrait qu’il goûte un jour”. Si le président français a l’honneur, à travers l’extrait d’un de ses discours sur la pauvreté infantile, d’ouvrir le film, il se fait ensuite tailler un joli costard par Jassim, gamin des cités qui, à 18 ans, se fait appeler Louis quand il se risque à la drague.

Dans un pays qui compte trois millions d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté, on sent que quand il parle de la jeunesse précarisée de France, ce n’est pas à elle qu’Emmanuel Macron s’adresse en réalité. C’est probablement de là que provient ce sentiment d’abandon que partagent Jassim, Sofia, Benjamin et Brocéliande. Tous les quatre voient leur destin s’entremêler dans un récit tantôt drôle, tantôt cynique, tantôt révoltant. Ils prouvent que la pauvreté s’ancre dans le corps autant que dans le quotidien. Plusieurs fois, ils confient avoir grandi habillés par la honte. Pourtant, si la rage les anime, ils parviennent à la contenir au sein de discours constructifs. Leur langage est simple, direct, parfois cru mais toujours sincère. Et surtout, posé.

Il n’en reste pas moins que le film est un véritable réservoir à punchlines tant ils ont des choses à dire et qu’elles semblent avoir pesé lourd dans leur poitrine. On sourit quand Sofia explique qu’à “la fin du mois, quand t’ouvres le frigo, y a que de la lumière!” ou quand Jassim rappelle à quel point “c’est chaud de venir d’une cité quand t’as même pas de quoi payer un kebab à ta copine”. Et jamais le film ne tombe dans le pathos. Grâce aux personnalités particulièrement attachantes et au plomb qu’ils ont dans la cervelle, mais également à un montage au cordeau et à un mélange subtil entre récit de vie et fait de société.

Plus de Médias

Notre Selection